Sprimont : Quand la forêt devient une zone de non-droit

Chevreuil mort allongé dans un sous-bois, entouré de feuilles et de vé
Chevreuil mort allongé dans un sous-bois, entouré de feuilles et de vé

Une enquête sur les tensions croissantes à Sprimont, où l'insalubrité des chemins communaux s'ajoute au non-respect flagrant des lois sur la tenue des chiens en laisse.

 

Article du 24 janvier 2026

 

Suite à notre récente publication concernant un sanglier tracté par un 4x4, la rédaction d'AnimalWeb Belgique a été submergée de témoignages. Le récit le plus récent, provenant de la région de Sprimont dans la province de Liège, soulève des questions alarmantes sur la sécurité publique, l'hygiène et le respect de la législation forestière en Wallonie.

 

Témoignages accablants : entre carcasses à l’abandon, intimidations et lois bafouées

 

Un climat de tension et des menaces répétées

 

Le témoignage reçu décrit un quotidien devenu pesant pour les usagers de la forêt. Un couple de promeneurs rapporte avoir été violemment pris à partie par un chasseur sur un chemin communal. Ce dernier, s’appropriant de fait l’espace public, leur aurait interdit l'accès au sentier sous un flot d'insultes.

 

Plus grave encore, l’individu aurait tenté de légitimer son autorité en usurpant le titre de garde assermenté. Cette situation a poussé les témoins à s'équiper de caméras GoPro pour assurer leur sécurité et documenter ces altercations. La méfiance s'est installée : des détonations fréquentes et la présence d'individus manipulant des armes à feu dans un état d'ébriété apparent alimentent une suspicion de braconnage qui exaspère la population locale.

 

L’hypocrisie du "chien en laisse"

 

Un point particulièrement révoltant du témoignage souligne l'incohérence de cet individu. Alors qu'il s'emporte avec virulence contre les promeneurs dont les chiens ne seraient pas attachés, il laisse son propre chien de chasse courir librement sans laisse sur les chemins.

 

En Wallonie, l'obligation de tenir son chien en laisse dans les bois et sur les chemins forestiers est une règle stricte visant à protéger la faune sauvage et la quiétude des lieux. Cette règle s'applique à tous les usagers, et le fait qu'un acteur du monde cynégétique s'en affranchisse tout en harcelant les citoyens constitue une double faute, tant légale que morale.

 

Un charnier à ciel ouvert : l’urgence sanitaire

 

Au-delà de l’aspect relationnel, c’est un véritable désastre environnemental qui est pointé du doigt. Aux abords des chemins fréquentés, de nombreuses carcasses d’animaux, dont celle d’un sanglier, ont été abandonnées à la vue de tous, y compris des enfants.

 

L’impact sur la santé animale locale est déjà palpable. Plusieurs propriétaires ont signalé que leurs compagnons à quatre pattes étaient tombés gravement malades après avoir circulé sur ce chemin communal. La présence de cadavres de suidés en décomposition constitue un foyer de bactéries et de virus redoutables. Parmi eux, la maladie d'Aujeszky, une pathologie virale mortelle pour le chien et sans traitement possible, est au cœur des inquiétudes. Comme nous le relations récemment dans notre article sur le décès d'un chien de chasse, le contact avec des restes de sangliers infectés peut s'avérer fatal en quelques jours. Ce "charnier" à ciel ouvert met donc en péril immédiat la vie de tous les chiens fréquentant la zone, qu'ils soient de compagnie ou de travail.

 

L’inertie des autorités pointée du doigt

 

Face à ces dérives, les citoyens ont multiplié les contacts : Bourgmestre, Police, et Département de la Nature et des Forêts (DNF). Pourtant, le nettoyage des lieux n’a eu lieu qu’après une longue période de flottement administratif, les services se « rejetant la balle » avant que la commune ne finisse par intervenir.

 

Cette lenteur d'action renforce le sentiment d'impunité. Pour rappel, un chemin communal est public et son accès ne peut être restreint que par des arrêtés de police officiels. De même, l’abandon de carcasses est une infraction grave au Code wallon de l’Environnement, passible de lourdes sanctions.

 

Vers une prise de conscience nécessaire

 

Le cas de Sprimont n'est malheureusement pas isolé. La multiplication des témoignages suite à nos récents articles démontre un besoin urgent de régulation et de contrôle accru sur le terrain. Si la chasse est une activité réglementée, elle ne peut en aucun cas s’affranchir du respect des citoyens, des règles sanitaires et des obligations légales de sécurité.

 

AnimalWeb Belgique continuera de suivre de près l’évolution de ces dossiers. Nous encourageons chaque citoyen à documenter les faits de manière factuelle et à saisir systématiquement les autorités compétentes. La forêt doit rester un espace de sécurité et de respect partagé.

 

N'hésitez pas à envoyer vos témoignages, photos et vidéos à info@animalweb.be

 

Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :

Chasse et maltraitance

Les chiens de chasse

Quelle est la différence entre un bon et un mauvais chasseur ?

Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Chasse, crime, Sprimont, Wallonie, Belgique