Scandale à Chimay : Quand la chasse importe ses cibles, le mythe de la régulation s'effondre

Mouflon dans un bois
Mouflon dans un bois

La condamnation à Chimay est la preuve définitive que la chasse moderne privilégie le loisir industriel au détriment de la biodiversité.

 

Article du 04 février 2026

 

Ce mardi 03 février 2026, l'importation illégale de mouflons à des fins cynégétiques du côté de Chimay vient de se solder par une amende record de 100 000 euros. Cette condamnation lève le voile sur une réalité dérangeante : la transformation de nos forêts en parcs de loisirs où l'on "stocke" des animaux pour le plaisir du tir.

 

Le mythe de la régulation face à l'importation

 

L'affaire qui a secoué la région de Chimay est symptomatique d'un mal profond. Pour satisfaire une clientèle de chasseurs en quête de trophées exotiques ou de diversité, certains propriétaires n'hésitent plus à importer illégalement des espèces non indigènes, comme le mouflon.

 

Ici, l'argument de la "régulation", martelé par les fédérations de chasse, ne tient plus une seconde. Comment peut-on prétendre réguler un écosystème tout en y introduisant artificiellement des animaux venus d'ailleurs ? Cette pratique transforme la forêt wallonne en un safari privé. Les mouflons, importés dans des conditions opaques, ne sont pas là pour l'équilibre de la nature, mais pour servir de cibles vivantes dans un business de loisir qui ne dit pas son nom.

 

Exhiber une tête de mouflon au-dessus de sa cheminée : l’ultime trophée de celui qui n'aura rien compris à la vie..

 

Un arsenal de délinquance environnementale sous couvert de tradition

 

En 2023, le tribunal de première instance du Hainaut avait déclaré le prévenu coupable d'infraction lié à loi de la conservation de la nature. Le tribunal de Charleroi détaille une réalité qui dépasse le simple cadre de l'importation illégale. L'homme n'a pas seulement introduit des espèces non indigènes (mouflons) ; il a été également reconnu coupable d'une panoplie d'infractions révélatrices d'un mépris total pour la loi et le bien-être animal.

 

Entre la détention de pièges à mâchoires (instruments de torture d'un autre âge), la possession illégale de spécimens protégés comme le castor d'Europe ou de centaines de pattes de grenouille rousse, le tableau dépeint une véritable délinquance environnementale. Ajoutez à cela des points de nourrissage sauvage pour fixer le gibier et des armes laissées chargées, et vous obtenez le portrait d'un système où la sécurité et l'éthique s'effacent devant la soif de trophées.

 

Une condamnation à 100 000 euros : Un signal fort mais suffisant ?

 

La justice a tranché avec une amende de 100 000 euros, dont la moitié est assortie d’un sursis de trois ans. Par contre, la peine de prison de 14 mois, assortie d'un sursis de 5 ans, qui avait été prononcée en 2023, n'a pas été confirmée.

 

L'homme aura l'obligation de remise en état de centaines d'hectares qui se situent dans la région de Chimay et de Momignies. C'est une victoire pour la biodiversité, mais c'est surtout la preuve matérielle que la chasse industrielle outrepasse les lois pour son profit.

 

Le business du "vivant marchandise"

 

Dans ces domaines de Chimay, comme ailleurs en Sologne ou en Europe, on observe une déconnexion totale avec le respect de l'animal sauvage. Tout est fait pour le confort du chasseur :

 

  • La garantie du gibier : On n'attend plus que la nature produise, on importe.

  • La mise en scène : Les parcelles sont aménagées non pour la faune, mais pour faciliter la visibilité du tireur.

  • L'absence d'éthique : L'animal n'est plus un être sensible, mais une marchandise soumise à la loi de l'offre et de la demande.

 

Cette condamnation prouve à nouveau que le prétexte de "l'équilibre sylvo-cynégétique" est souvent un masque derrière lequel se cachent des intérêts financiers considérables. Le coût de l'amende montre l'ampleur du trafic : si la justice frappe aussi fort, c'est que l'infraction est systémique.

 

AnimalWeb : Le terrain contre le lobbying

 

Chez AnimalWeb et AnimalsProtect, nous savons que la vérité se trouve dans les bois, pas dans les bureaux des politiques complaisants voire corrompus. Ce scandale à Chimay confirme ce que nous dénonçons quotidiennement : une partie de la chasse est devenue une mégastructure de loisir récréatif qui méprise la biodiversité locale.

 

Le citoyen actif ne peut plus se contenter des discours officiels. Les preuves s'accumulent (photos, condamnations, vidéos) et montrent que la régulation est devenue le paravent d'une gestion de "stock" animalier. Nous prônons une liberté de parole totale pour dénoncer ces parcs d'attractions macabres.

 

Il est temps de sortir de ce modèle de safari européen et de rendre à nos forêts leur caractère sauvage et authentique, loin des grillages et des importations illégales.

Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Chasse, Régulation, Justice, Belgique