
Un récit alarmant illustrant les dangers de la cohabitation entre chasseurs et citoyens dans nos espaces naturels.
Article du 04 février 2026
Partis pour une cueillette de champignons, des promeneurs se sont retrouvés piégés au milieu d'une battue aux sangliers. Pour survivre aux tirs nourris, ils n'ont eu d'autre choix que de se jeter à plat ventre. Un incident qui relance le débat urgent sur le partage de la nature et l'impunité de certaines pratiques cynégétiques.
Sur les hauteurs de Bormes-les-Mimosas, ce qui devait être un moment de détente en pleine nature s'est transformé en scène de guerre. Dans une zone forestière que l'on pensait paisible, Raphaël et son ami ont été pris pour cible indirecte lors d'une action de chasse non signalée de manière adéquate. Ce fait divers, bien que localisé, résonne avec force en Belgique, où la tension entre protecteurs de la nature, randonneurs et lobby de la chasse ne cesse de croître.
Le récit d’une terreur ordinaire : « On a dû se coucher pour ne pas mourir »
Le témoignage est glaçant. Alors qu'ils progressaient dans les bois à la recherche de champignons, les deux hommes ont soudain entendu les premiers aboiements de chiens, suivis quasi instantanément par des détonations rapprochées. Sans aucun panneau de signalisation visible à l'entrée du sentier, ils se sont retrouvés, sans le savoir, au cœur d'une traque au sanglier.
Ça canardait dans tous les sens, on a dû se mettre à plat ventre en hurlant 'champignons, champignons !' pour signaler notre présence
Face à la proximité des tirs et au sifflement des balles, ils ont dû s'allonger au sol, face contre terre, durant de longues minutes. Une situation d'une violence extrême qui pose une question fondamentale : comment peut-on encore autoriser l'usage d'armes de guerre dans des espaces fréquentés par le public sans une sécurisation absolue ?
Pour les associations de terrain, cet événement n'est pas un cas isolé, mais le symptôme d'une gestion de la faune qui privilégie le loisir de quelques-uns au détriment de la sécurité de tous. En Belgique, la multiplication des battues pour "réguler" (souvent artificiellement) les populations de grands gibiers multiplie mécaniquement ces risques d'accidents.
La nécessité d’une réforme : vers une protection réelle sur le terrain
Cet incident souligne l'inefficacité des mesures actuelles. Trop souvent, la signalisation est absente, incomplète ou placée trop tardivement. Les citoyens, pourtant dans leur bon droit en circulant sur des chemins publics, se retrouvent otages d'une activité qu'ils ne cautionnent pas.
Chez AnimalWeb, nous pensons que la protection des animaux va de pair avec le respect de l'intégrité physique des citoyens qui aiment la nature. Le lobby de la chasse bénéficie de passe-droits et de subsides qui entravent une réelle réforme du code forestier. Il est temps que la voix des "citoyens actifs", ceux qui sont sur le terrain au quotidien, soit entendue.
Nous préconisons :
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Une interdiction stricte de la chasse le week-end et les jours fériés, moments de forte affluence pour les familles.
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Une signalisation numérique en temps réel obligatoire, accessible via smartphone, pour chaque zone de tir.
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Des sanctions pénales lourdes pour les organisateurs de battues en cas de manquement à la sécurité des tiers.
Face à la passivité des institutions traditionnelles, il devient crucial de se rassembler pour agir concrètement. La nature appartient à tous, et aucun promeneur ne devrait avoir à craindre pour sa vie lors d'une cueillette en forêt.
