
Un éclairage sur les actions directes des groupes anti-chasse qui s'interposent entre les meutes et le gibier pour protéger la faune sauvage.
Article du 06 février 2026
Face à la persistance de la vénerie en Europe, une nouvelle génération d'activistes privilégie l'action directe. En France et au Royaume-Uni, ces protecteurs de la faune s'interposent physiquement lors des chasses à courre pour briser la traque et offrir une chance de survie aux animaux poursuivis.
Activisme vs Vénerie
Le rituel est séculaire, mais la contestation, elle, se modernise et se durcit. La chasse à courre, ou vénerie, consiste à poursuivre un animal sauvage (cerf, chevreuil, sanglier ou renard) avec une meute de chiens jusqu’à l’épuisement de la proie. Si cette pratique est perçue par ses adeptes comme un art traditionnel, elle est jugée d'une cruauté archaïque par une part croissante de l'opinion publique. En Belgique, bien que la pratique soit interdite, le débat reste vif, alimenté par les images chocs provenant de nos voisins français et britanniques.
L’action directe : une stratégie de terrain pour briser la traque
Loin des salons feutrés du lobbying politique, des groupes de citoyens actifs, tels que les "Hunt Saboteurs" au Royaume-Uni ou "AVA" (Abolissons la Vénerie Aujourd'hui) en France, ont choisi de porter le combat au cœur des forêts. Leur objectif est simple mais risqué : perturber le déroulement de la chasse pour permettre à l'animal de s'échapper.
Ces activistes utilisent des méthodes non-violentes mais techniquement élaborées pour désorienter les meutes de chiens :
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Utilisation de sprays olfactifs : Pour masquer l'odeur du gibier et rompre la piste suivie par les chiens.
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Signaux sonores : Emploi de cornes de chasse ou de sifflets pour semer la confusion dans les ordres donnés par les piqueux.
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Présence physique : S'interposer entre la meute et la proie, notamment lorsque l'animal se réfugie en zone habitée.
Cette approche "de terrain" fait écho aux aspirations de nombreux citoyens qui ne se sentent plus représentés par les structures associatives classiques. Ici, la priorité est l'immédiateté de la sauvegarde : chaque minute gagnée sur les chasseurs est une chance de plus pour l'animal de retrouver la sécurité des fourrés.
Un cadre légal sous tension face à la pression citoyenne
Au Royaume-Uni, malgré l'interdiction officielle de la chasse au renard depuis 2004 (le Hunting Act), des dérives persistent sous couvert de "chasse au leurre". Les activistes britanniques documentent régulièrement des infractions, forçant les autorités à durcir les contrôles. En France, la tension est encore plus palpable. La chasse à courre y est légale et protégée par un lobby puissant, mais les incidents se multiplient, notamment lorsque les animaux traqués finissent leur course dans des jardins privés ou des centres-villes.
La multiplication de ces actions de terrain a un impact médiatique majeur. Grâce aux réseaux sociaux, les vidéos capturées en direct par les activistes sensibilisent un public urbain qui découvre la réalité brutale de la mise à mort. Cette pression citoyenne pousse les décideurs politiques à reconsidérer la place de ces traditions dans une société qui reconnaît désormais la sensibilité animale.
Pour les organisations comme Animals Protect et les initiatives citoyennes en Belgique, l'exemple de ces activistes souligne une tendance de fond : le passage de la simple pétition à l'engagement actif et visible. La protection animale ne se joue plus seulement dans les textes de loi, mais bien sur le sol forestier, là où la vie sauvage est directement menacée.
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