
Une saison de chasse marquée par un doublement du nombre de chasseurs tués.
Article du 10 février 2026
Le dernier rapport de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) pour la saison 2024-2025 dresse un constat sévère : après des années de baisse, le nombre de chasseurs tués lors de battues est en forte progression. Entre manquements aux règles de sécurité et flous législatifs, l’insécurité dans nos campagnes devient un sujet d’urgence publique, en France comme en Belgique.
Sans célébrer la perte d'une vie humaine, là où un chasseur tombe sous les balles, le sang cesse de couler et la vie sauvage retrouve sa joie de vivre en paix.
Un nombre de chasseurs tués qui double en une saison
La saison de chasse 2024-2025 marque un tournant inquiétant. Alors que la saison précédente avait enregistré un point bas historique avec 6 décès, le bilan s'est alourdi cette année pour atteindre 11 morts. Fait notable : la totalité des victimes décédées sont des chasseurs eux-mêmes, souvent victimes de leurs propres erreurs ou de celles de leurs compagnons de traque.
Le rapport dénombre au total 100 accidents corporels. Si la majorité des victimes restent des pratiquants (84 %), les non-chasseurs ne sont pas épargnés. Cette recrudescence de la mortalité souligne l'inefficacité des mesures actuelles face à l'intensification des battues au grand gibier, pratique qui concentre 100 % des accidents mortels cette saison.
L'absence de certificat médical : Une faille majeure en Belgique
Si la France impose une certaine forme de validation, la situation en Belgique, et plus particulièrement en Wallonie, soulève une inquiétude majeure : l'absence de certificat médical annuel obligatoire. Contrairement à de nombreux sports ou à la détention d'armes dans un cadre sportif rigoureux, un chasseur belge peut conserver son permis sans passer d'examen médical régulier attestant de ses capacités physiques et mentales.
Cette lacune législative pose un problème de sécurité publique évident. L'évolution de l'acuité visuelle, des réflexes ou la prise de traitements médicamenteux lourds chez des pratiquants parfois âgés ne sont jamais officiellement contrôlés. Autoriser le port d'armes létales en forêt sans une évaluation périodique de l'aptitude du tireur constitue une prise de risque inconsidérée pour les autres usagers de la nature, mais aussi pour les chasseurs eux-mêmes.
Les causes du drame : Alcool, sécurité et tirs vers les habitations
L’augmentation des accidents ne relève pas de la fatalité, mais de violations répétées des protocoles de sécurité. Le non-respect de l’angle de tir des 30° reste la cause principale de décès. Plus troublant encore, l’OFB note que 35 % des décès sont des "auto-accidents", illustrant une manipulation dangereuse des armes lors de franchissements d'obstacles.
Au-delà des drames humains, c’est la multiplication des "incidents" qui inquiète. Pour la saison 2024-2025, les signalements ont bondi de 31 %, incluant :
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58 tirs vers des habitations (impacts de balles dans les façades) ;
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50 tirs ayant touché des animaux domestiques ;
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27 impacts sur des véhicules.
Le flou juridique sur l’alcoolémie
Un point de tension majeur concerne l'alcoolémie. Contrairement au Code de la route, la loi actuelle n’impose pas de seuil chiffré strict aux chasseurs. La notion d’"ivresse manifeste" reste à l’appréciation des agents, ce qui permettrait théoriquement de porter une arme avec un taux d’alcool largement supérieur aux limites autorisées pour un conducteur. Cette exception législative est jugée inacceptable face au risque mortel représenté par les armes de gros calibre.
Vers une réforme nécessaire de la sécurité
Face à ce bilan, les demandes pour l’instauration d’un jour sans chasse et d’un périmètre de protection de 3 kilomètres autour des habitations se multiplient. L'urgence de protéger les citoyens, les promeneurs et les animaux domestiques impose aujourd'hui une révision profonde des conditions d'octroi et de maintien du permis de chasser.
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