La forêt n’est pas une poubelle : le danger invisible des déchets alimentaires

Déchets organiques en lisière de bois à Baudour (Saint-Ghislain)
Déchets organiques en lisière de bois à Baudour (Saint-Ghislain)

Un éclairage nécessaire sur les dangers mortels que représentent les dépôts de déchets alimentaires en lisière de forêt pour la faune sauvage.

 

Article du 12 février 2026

 

Pensant faire un geste pour la nature ou simplement se débarrasser de restes organiques, de nombreux citoyens déposent leurs déchets alimentaires aux abords des bois. Pourtant, ce qui semble biodégradable cache une réalité toxique pour la faune sauvage : maladies, risques routiers et détournement par des pratiques de chasse peu éthiques.

 

Un faux geste écologique aux conséquences sanitaires graves

 

Il est fréquent d'observer des tas de feuilles de chou, de pain rassis ou d'épluchures de légumes déposés en lisière de forêt, comme sur cette photo prise récemment à Baudour (Saint-Ghislain). Si l'intention est parfois de "nourrir les animaux", le résultat est inverse. La forêt est un écosystème complexe qui n'a pas besoin de l'intervention humaine pour subsister. Les animaux sauvages (chevreuils, sangliers ou renards) ont appris à s'alimenter seuls bien avant l'apparition de l'homme.

 

Le premier danger réside dans le pourrissement des déchets. Contrairement au compostage contrôlé, ces dépôts sauvages s'entassent et fermentent de manière anaérobie, favorisant le développement de bactéries pathogènes et de champignons toxiques. En ingérant ces aliments transformés, souvent inadaptés à leur régime naturel (comme les produits transformés ou le pain), les animaux développent des troubles digestifs sévères, des carences, voire des empoisonnements mortels.

 

Sécurité routière et "agrainage" sauvage : quand le déchet devient un piège

 

L'emplacement de ces dépôts est tout aussi problématique. Les lisières de bois bordent souvent des routes ou des sentiers fréquentés. En créant un point de nourrissage artificiel près des axes routiers, on modifie le comportement des animaux. Attirés par cette nourriture facile, les sangliers et les cervidés traversent les chaussées plus fréquemment, multipliant les risques de collisions souvent dramatiques pour l'animal comme pour les automobilistes.

 

Plus insidieux encore, ces dépôts peuvent involontairement servir les intérêts de certains chasseurs. En attirant le gibier à des endroits fixes et prévisibles, ces amas alimentaires agissent comme des points de fixation. C'est une technique qui rappelle l'agrainage, permettant d'abattre les animaux plus facilement, sans avoir à traquer ou à s'enfoncer dans les bois. Jeter ses déchets, c'est parfois livrer la faune sur un plateau d'argent à ceux qui cherchent à prélever le gibier sans effort.

 

La nature est autosuffisante. Le meilleur moyen de protéger les animaux de nos forêts est de respecter leur tranquillité et de laisser les cycles naturels opérer sans interférence humaine.

 

Ce que vous pouvez faire pour protéger la faune de Wallonie

 

En tant que citoyens actifs et responsables, il est crucial de comprendre que la forêt n'est pas un dépotoir de luxe pour biodéchets.

 

  1. Utilisez les filières de tri : Compost individuel ou sacs de déchets organiques sont les seules destinations valables pour vos restes alimentaires.

  2. Sensibilisez votre entourage : Expliquez que le "petit tas de légumes" déposé au bois n'aide pas les animaux, il les met en danger.

  3. Signalez les abus : Si vous constatez des dépôts récurrents ou massifs, n'hésitez pas à en informer les autorités locales ou les associations de protection de l'environnement.

 

AnimalWeb continue de veiller sur le terrain pour que nos forêts restent des espaces de liberté sauvage, et non des zones de nourrissage artificiel risquées. Ensemble, rendons à la forêt sa dignité et sa sécurité.

 

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Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Faune sauvage, Déchets, Wallonie, Belgique