
La proposition choc de la FDSEA d'utiliser l'armée contre les lapins dans l'Hérault suscite une vive polémique.
Article du 28 mars 2026
En ce mois de mars 2026, une proposition insolite secoue les défenseurs de la cause animale : face à un nombre croissant de lapins de garenne, le président de la FDSEA de l’Hérault réclame l'intervention de l'armée. Une annonce ridicule qui pose la question de notre rapport avec les animaux de la faune.
Un département en état de siège face aux lapins de garenne
La situation dans l’est de l’Hérault, particulièrement autour de Mauguio et Baillargues, semble avoir atteint un point de non-retour. Les agriculteurs locaux font état de pertes colossales, estimées à plus de 1,5 million d'euros pour la seule année 2025. Vignes rongées, maraîchages dévastés et jeunes plantations anéanties : le lapin de garenne, autrefois symbole de la garrigue, est désormais perçu comme l'ennemi public numéro un.
Le 26 mars 2026, le président de la FDSEA de l'Herault, a franchi une étape symbolique forte en appelant officiellement à une intervention de l’armée. Pour cette fédération, les méthodes traditionnelles (chasse, piégeage et intervention des lieutenants de louveterie) ne suffisent plus à endiguer ce qu'ils qualifient de « fléau ».
Pourquoi une telle explosion de lapins en 2026 ?
Plusieurs facteurs expliquent cette prolifération spectaculaire qui semble échapper à tout contrôle :
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Des zones refuges imprenables : Les talus des lignes de TGV et les abords des autoroutes sont devenus de véritables citadelles. Interdites à la chasse pour des raisons de sécurité, ces zones permettent aux lapins de se reproduire à l'abri des prédateurs et des fusils.
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Le déséquilibre des écosystèmes : La raréfaction des prédateurs naturels, comme le renard (souvent lui-même classé comme nuisible), laisse le champ libre à une croissance démographique exponentielle.
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Une adaptation biologique : La FDSEA soupçonne une résistance accrue aux maladies naturelles, rendant les populations actuelles particulièrement robustes.
L'armée contre les lapins : une solution ou un aveu d'échec ?
L’idée de mobiliser des militaires pour réguler du petit gibier a immédiatement suscité des réactions contrastées, allant de la stupéfaction au ridicule. Pour de nombreux observateurs de la protection animale, cet appel à la force brute est le signe d'une gestion de crise déconnectée des réalités biologiques.
Des armes de guerre en zone civile ?
L’usage massif d’armes, particulièrement si elles sont de type militaire, induit une mise en danger directe de la population. Les balles perdues, les ricochets et la difficulté de sécuriser des périmètres agricoles ouverts posent des risques d'accidents dramatiques. Transformer les plaines de l'Hérault en champ de tir militaire pour réguler de petits mammifères apparaît comme une solution disproportionnée et périlleuse.
La crainte d'une destruction massive et aveugle
Sur les réseaux sociaux, le terme de « guerre contre les lapins » revient avec insistance. Utiliser des moyens militaires pour une mission de régulation cynégétique pose des questions éthiques majeures. Est-il raisonnable d'envisager des opérations de grande ampleur contre une espèce qui reste classée comme « quasi-menacée » par l’UICN (L’Union internationale pour la conservation de la nature) ?
Les alternatives ignorées : furetage et réintroduction
Plutôt que l'option radicale, certains experts préconisent des solutions plus respectueuses de l'équilibre écologique :
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Le furetage et la capture vivante : Utiliser des furets pour débusquer les lapins et les déplacer vers des zones où l'espèce a disparu.
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La protection des cultures : Un investissement massif dans des clôtures enterrées et des méthodes de répulsion olfactive.
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La réhabilitation des prédateurs : Cesser la chasse aux renards et encourager la présence de rapaces pour restaurer une régulation naturelle et gratuite.
Quel avenir pour le lapin de garenne dans le Sud de la France ?
La préfecture de l’Hérault a déjà pris des arrêtés pour faciliter les tirs de nuit, mais l'appel à l'armée reste, pour l'heure, une demande des agriculteurs sans réponse officielle du gouvernement.
Cette polémique souligne une fois de plus la difficulté de notre société à cohabiter avec la faune sauvage dès que des intérêts économiques sont en jeu. Alors que la biodiversité s'effondre globalement, la réponse par les armes et le treillis militaire semble être un vestige d'une époque que beaucoup espéraient révolue.
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