
Chaque année, les accidents de chasse se multiplient, mettant en danger les citoyens, les animaux… et les chasseurs eux-mêmes.
Article du 11 janvier 2026
Chaque saison de chasse s’accompagne de drames humains. Si les victimes civiles font régulièrement la une de l’actualité, un autre constat s’impose : les chasseurs sont eux-mêmes de plus en plus souvent victimes d’accidents graves, parfois mortels, directement liés à leur pratique cruelle.
Une multiplication d’accidents inhérente à la chasse
Les saisons 2025 et 2026 s’inscrivent dans une continuité inquiétante. Sans constituer une anomalie, elles illustrent une réalité constante : la chasse est une activité à haut risque, même pour ceux qui la pratiquent depuis des années.
Les causes d’accidents sont connues, récurrentes et largement documentées par les services de secours, les médias locaux et les fédérations elles-mêmes :
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Tirs accidentels, notamment lors de chutes ou de manipulations d’armes mal sécurisées
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Chutes de miradors ou de palombières, parfois installés sans contrôle technique strict
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Accidents en terrain difficile, ravins, pentes abruptes, sols glissants en forêt
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Confusions de cibles, y compris entre chasseurs lors de battues
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Conflits entre chasseurs, liés à des erreurs de territoire ou des intrusions sur des propriétés privées
Ces faits ne relèvent ni de l’exception ni du sensationnalisme. Ils sont le produit direct d’une activité armée exercée dans des espaces ouverts, partagés avec le public.
Quand la faune sauvage se défend
Un phénomène mérite une attention particulière : les blessures infligées aux chasseurs par les animaux eux-mêmes, notamment les sangliers. Lorsqu’ils sont traqués, blessés ou acculés, certains animaux adoptent un comportement de défense instinctif :
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charges violentes,
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renversements,
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piétinements,
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blessures par défenses ou sabots.
Les sangliers, en particulier, peuvent atteindre un poids important et une vitesse élevée. Dans un contexte de battue, le risque de blessure grave, voire mortelle, est réel, et reconnu par les assurances et les autorités compétentes. Ce constat pose une question simple : est-il raisonnable de maintenir une activité qui expose volontairement ses pratiquants à de tels dangers ?
Les forêts : l’habitat naturel de la faune, pas un champ de tir
Il est essentiel de rappeler une réalité souvent oubliée : les bois et les forêts sont avant tout l’habitat naturel des animaux sauvages. Contrairement à certaines idées reçues, ces animaux n’attaquent pas l’être humain de manière spontanée. Les études comportementales comme l’observation de terrain montrent que les agressions surviennent quasi exclusivement dans des situations de stress extrême, lorsque les animaux sont traqués, blessés, surpris à courte distance ou lorsqu’ils cherchent à protéger leurs petits.
Dans ces conditions, leur réaction relève de l’instinct de survie, non d’une agressivité naturelle. Ce constat renforce une évidence : le danger ne vient pas de la faune, mais de l’intrusion armée de l’homme dans des espaces qui ne lui appartiennent pas. Respecter la forêt, c’est aussi reconnaître le droit des animaux à y vivre sans être pourchassés.

Une insécurité qui dépasse les chasseurs
Les chasseurs ne sont pas les seules victimes. Chaque année, des citoyens sont :
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blessés,
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tués,
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menacés sur des chemins publics,
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confrontés à des tirs atteignant habitations, véhicules ou infrastructures.
Les forêts, censées être des lieux de promenade et de ressourcement, deviennent temporairement des zones à risque, parfois signalées tardivement ou de manière insuffisante. Cette cohabitation forcée entre armes à feu et public pose un problème majeur de sécurité collective.
Faut-il repenser, suspendre ou interdire la chasse ?
Face à cette accumulation de faits, une question s’impose légitimement : jusqu’où faut-il accepter une pratique qui met en danger les citoyens, les animaux… et les chasseurs eux-mêmes ? De plus en plus de voix appellent à :
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une interdiction dans les forêts publiques,
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une suspension temporaire de certaines formes de chasse,
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un désarmement hors zones strictement fermées et contrôlées,
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une réévaluation complète du modèle actuel.
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