
Après la saisie de vingt chiens de chasse à Vresse-sur-Semois, refuges et bénévoles se sont mobilisés pour assurer soins, réhabilitation et adoptions.
Article du 16 janvier 2026
En juillet 2025, vingt chiens de chasse ont été saisis à Vresse-sur-Semois suite à de nombreuses plaintes de riverains. Pris en charge par plusieurs refuges, ces chiens ont bénéficié de soins, d’un suivi comportemental et, pour la majorité, ont trouvé une nouvelle famille.
Vresse-sur-Semois : ce que l’on sait de la saisie des vingt chiens de chasse
Le 17 juillet 2025, La Dernière Heure révélait une intervention menée à Vresse-sur-Semois, en province de Namur, ayant conduit à la saisie administrative de vingt chiens de chasse. L’opération a été réalisée avec l’appui de plusieurs partenaires spécialisés dans la protection animale.
Les chiens ont été retirés de leur lieu de détention et répartis entre différents refuges wallons afin d’assurer leur prise en charge immédiate. Le transport des animaux a notamment été assuré par Animal Disaster Team, tandis que leur accueil et leur suivi ont été confiés au Refuge Sans Collier à Perwez, à la SPA de Verviers et à la SPA de La Louvière.
Selon les informations publiées par La DH, le propriétaire des chiens a été interpellé le temps de l’intervention. Les animaux ont ensuite fait l’objet d’une procédure administrative, avant d’être définitivement confiés aux refuges.

Photo Refuge Sans Collier - Perwez
Lors de la saisie : conditions de détention et état physique et comportemental des chiens
Les éléments ci-dessous proviennent de témoignages transmis directement par les refuges ayant accueilli les chiens, après la saisie.
Le Refuge Sans Collier, qui a pris en charge 11 chiens, décrit des conditions de détention jugées extrêmement préoccupantes :
Lors de notre arrivée sur place, les femelles se trouvaient dans la maison, tandis que la majorité des mâles étaient maintenus dans un chenil extérieur très sombre. Les conditions de détention étaient extrêmement préoccupantes : le sol était jonché d’excréments, l’odeur était insoutenable, il n’y avait aucune gamelle visible ni d’eau propre à disposition. Les chiens sautaient dans tous les sens et certains se cachaient sous les meubles.
Ils étaient tous très sales, avec des restes d’excréments sur le corps, le pelage imprégné d’urine et dégageant une odeur très forte. Certains présentaient d’anciennes cicatrices. L’une des chiennes avait d’ailleurs une patte en moins, suite à un ancien accident de chasse d’après son ancienne propriétaire, ainsi que plusieurs cicatrices visibles.
Sur le plan comportemental, les équipes évoquent chiens de chasse majoritairement sociables, mais souvent très stressés et craintifs, nécessitant une approche progressive afin de respecter leur rythme et de restaurer un climat de confiance.
La SPA de Verviers, qui a accueilli 8 chiens mâles, confirme un état sanitaire préoccupant :
Les chiens de chasse avaient un toilettage déplorable, étaient couverts de puces, de plaques cutanées pour certains, et maigres. Au niveau de leur comportement, certains étaient vraiment craintifs vis-à-vis de l’être humain (2 le restent aujourd’hui) et d’autres plus avenants.
Un comportement marqué de protection de ressource alimentaire a également été observé, interprété par les équipes comme un possible signe de difficultés d’accès à la nourriture avant la saisie.

Photo Refuge Sans Collier - Perwez
Les chiens de chasse, au même titre que les chiens de compagnie, de race ou croisés, sont soumis aux mêmes principes de protection et de bien-être animal. Leur usage ou leur fonction ne modifie en rien les obligations légales et morales liées à leur détention et à leur prise en charge.
Soins, réhabilitation et adoption : des chiens accompagnés vers une nouvelle vie
Une fois arrivés en refuge, les chiens ont bénéficié de soins vétérinaires, d’un suivi comportemental individualisé et d’un environnement sécurisé. Au Refuge Sans Collier, certains chiens ont dû être séparés afin de favoriser une évolution plus sereine, tant sur le plan social que comportemental.
Sur le plan comportemental, la majorité des chiens étaient sociables, même si plusieurs se montraient très stressés et craintifs. Une approche progressive a donc été nécessaire afin de respecter leur rythme et de leur permettre de reprendre confiance. Une fois arrivés au refuge, ils ont pu manger à leur faim, être soignés, se reposer au chaud et évoluer dans un environnement sécurisé et adapté à leurs besoins. Nous avons dû en séparer certains afin de favoriser une évolution plus rapide et plus sereine, tant sur le plan comportemental que social.
Après deux mois, la saisie a été levée et les chiens ont été définitivement confiés aux refuges, sans procédure en cours. Ils ont alors pu être proposés à l’adoption.
À ce jour, tous les chiens accueillis par le Refuge Sans Collier ont trouvé une famille. Les premiers retours des adoptants font état d’une bonne évolution globale, malgré parfois une phase d’adaptation plus délicate.
À la SPA de Verviers, six chiens ont déjà été adoptés (Karl, Falco, Salomon, Phil, Jacob et Stanley), après plusieurs visites et des évaluations pré-adoption. Deux chiens, Marcel et Bob, sont encore en attente : Bob, très craintif, fait actuellement l’objet d’un suivi en vue d’une adoption prochaine, tandis que Marcel bénéficie d’un travail spécifique avec une bénévole avec laquelle un lien de confiance s’est établi.

Photo Refuge Sans Collier - Perwez
Qui s’occupe réellement du bien-être des chiens de chasse en Belgique ?
Cette saisie met en lumière le rôle essentiel joué par les refuges et bénévoles dans la prise en charge des chiens de chasse lorsque ceux-ci se retrouvent en difficulté. Au-delà de l’intervention initiale, ce sont des semaines, voire des mois, de soins, d’observation et d’accompagnement qui permettent à ces animaux de retrouver un équilibre et une stabilité.
Elle rappelle également l’importance du rôle de la population. Les situations préoccupantes impliquant des animaux sont le plus souvent révélées à la suite de signalements effectués par des citoyens, des voisins ou des témoins. En pratique, de nombreuses personnes choisissent de se tourner vers des organisations de défense des animaux ou des refuges, qui disposent de l’expérience nécessaire pour évaluer les situations, conseiller les démarches appropriées et, le cas échéant, relayer les informations vers les services compétents, tels que la DNF ou les autorités en charge du bien-être animal.
Une réalité souvent peu visible, mais indispensable, dans le paysage du bien-être animal en Belgique.
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