Un chien de chasse tué par la maladie d’Aujeszky

Sangliers sauvages observés en milieu naturel.
Sangliers sauvages observés en milieu naturel.

La mort d’un chien de chasse à Sérignan-du-Comtat a été confirmée le 15 janvier 2026 comme étant due à la maladie d’Aujeszky.

 

Article du 17 janvier 2026

 

Un chien de chasse est décédé début janvier 2026 à Sérignan-du-Comtat (Vaucluse). Le jeudi 15 janvier 2026, les analyses vétérinaires ont confirmé que sa mort était bien due à la maladie d’Aujeszky. Cette confirmation officielle met en évidence la circulation active de ce virus mortel pour les chiens, en particulier dans le cadre de la chasse au sanglier, et relance les alertes auprès des chasseurs et des vétérinaires.

 

Le chien retrouvé a présenté des signes graves, au point que son propriétaire l’a décrit comme « complètement défiguré », avant que sa mort ne soit attribuée à la maladie après analyses.

 

Dans les jours qui ont suivi, d’autres cas suspects ont été signalés, notamment en Drôme, où un autre chien de chasse serait mort dans des conditions similaires.

 

Qu’est-ce que la maladie d’Aujeszky ?

 

La maladie d’Aujeszky, aussi appelée pseudo-rage, est une infection virale causée par un herpesvirus (PRV) qui touche principalement les suidés, c’est-à-dire les porcs domestiques et les sangliers sauvages.

 

Transmission du virus d'Aujeszky


Le virus circule chez les sangliers porteurs qui sont souvent asymptomatiques. Il peut être transmis à d’autres espèces, notamment aux chiens et à d’autres carnivores, généralement par :

 

  • Contact direct avec un animal infecté (salive, muqueuses) ;

  • Ingestion de sang ou de tissus contaminés (par exemple, si un chien mord ou mange un sanglier infecté) ;

  • Contacts indirects via du matériel ou des surfaces souillées par le virus.

 

Non transmissible à l’humain


Il est important de souligner que la maladie ne peut pas être transmise aux humains. Elle reste strictement une infection animale.

 

Symptômes et évolution chez les chiens

 

Chez les chiens contaminés, le virus se propage rapidement dans le système nerveux, entraînant :

 

  • Changement soudain de comportement (abattement, agitation) ;

  • Démangeaisons très intenses pouvant aller jusqu’à l’automutilation ;

  • Troubles neurologiques (paralysie, salivation excessive, difficulté à avaler) ;

  • Décès rapide, souvent en quelques jours après l’apparition des premiers signes.

 

La maladie est généralement fatale chez le chien, et aucun traitement spécifique n’existe une fois que l’animal est infecté.

 

La présence de la maladie d’Aujeszky chez certains sangliers ne saurait en aucun cas justifier une intensification de la chasse, celle-ci exposant au contraire davantage de chiens de chasse à un virus mortel et n’apportant aucune solution sanitaire durable.

 

Un virus déjà observé dans la faune sauvage française

 

Des cas similaires ont été recensés ailleurs en France ces dernières années, avec des chiens de chasse morts après contact avec des sangliers ou cochongliers infectés. Dans plusieurs départements (Essonne, Seine-et-Marne, Ariège…), les autorités sanitaires ont confirmé ou suspecté la présence du virus dans des situations analogues.

 

Une étude récente a également montré que près de 30 % des sangliers testés dans le sud-est de la France présentaient des anticorps contre le virus, ce qui indique que la maladie circule activement dans ces populations de suidés sauvages.

 

Recommandations pour les chasseurs et détenteurs de chiens

 

Face à ces épisodes, les fédérations de chasse et les services vétérinaires recommandent :

 

  • Limiter le contact direct entre les chiens et les sangliers (vivants ou morts) ;

  • Éviter que les chiens mordent ou mangent les carcasses ou viscères de sanglier, même s’ils semblent en bonne santé ;

  • Nettoyer et désinfecter le matériel qui a été en contact avec des sangliers.

 

Pourquoi cette affaire fait réagir ?

 

Même si la maladie d’Aujeszky ne touche pas l’humain, sa circulation active chez les sangliers sauvages et son impact mortel sur les chiens de chasse soulèvent des préoccupations dans le monde cynégétique et vétérinaire. Les cas récents montrent que le virus continue de circuler dans la faune sauvage, rendant la vigilance indispensable pour la santé animale et la sécurité des accompagnateurs canins sur le terrain.

 

Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :

Chasse et maltraitance

Les chiens de race

Quelle est la différence entre un bon et un mauvais chasseur ?

Thèmes :Actualités, Chasse, Sanglier, virus, France