
Une enquête sur l'installation d'une barrière de 2 km en forêt de Dreux afin de tuer les animaux.
Article du 29 janvier 2026
A Dreux, une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir, une vision surréaliste a glacé le sang des promeneurs : une bâche plastique de deux kilomètres de long, tendue au cœur de la forêt domaniale. Si les veneurs et les autorités invoquent la sécurité routière, les associations de terrain, menées par AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd'hui), y voient un stratagème cruel pour empêcher le gibier d'échapper à la meute de chiens de chasse.
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Pétition mise en ligne (déjà plus de 32.250 signatures) : MesOpinions.com
Un mur de plastique en pleine forêt : Les faits signalés par AVA
C’est une alerte lancée par l’antenne locale d’AVA Dreux qui a mis le feu aux poudres. Sur le terrain, les militants ont documenté une installation massive : une bâche opaque, haute et solidement fixée, s’étirant sur plus de 2 000 mètres le long d'une route départementale.
Les membres d'AVA Dreux, habitués à mener des actions sur le terrain, décrivent un dispositif qui transforme la forêt publique en un véritable couloir de mort. Cette bâche supprime la seule issue de secours pour le cerf ou le chevreuil traqué. L'animal, paniqué, à bout de souffle, qui se retrouve bloqué n'a qu'une funeste issue, celle de faire face à une meute de chiens, se défendre jusqu'à épuisement. Après avoir rappelé les chiens, un des membres de l'équipage descendra de son cheval, s'approchera de l'animal agonisant, sortira sa dague afin de l'égorger. Dans le cas où le cerf ou le chevreuil aurait encore un peu de force pour résister, comme c'est arrivé dans l'affaire du cerf égorgé au sein de la propriété de Luc Besson, un acolyte maintiendra la tête afin de faciliter l'égorgement.
Pour le collectif, l'acte de résistance consiste à rendre visible cette infrastructure invisible pour le grand public, dénonçant une privatisation de la nature au profit d'une minorité. Ava Dreux invite la population à manifester leur mécontetentement face à de telle pratique.
Sécurité publique ou complicité des autorités officielles ?
Face au tollé, l'Office National des Forêts (ONF) et l'Office Français de la Biodiversité (OFB) ont réagi en confirmant avoir donné leur accord. L’argument avancé est systématiquement le même : la sécurité. Il s'agirait d'éviter que les chiens de chasse ou l'animal traqué ne provoquent des accidents de la circulation.
Pourtant, cette justification peine à convaincre. Pour les observateurs et les défenseurs de la cause animale, c’est un aveu d’impuissance, voire de complicité. Si une chasse est jugée trop dangereuse à proximité d'une route, la logique de sécurité publique voudrait qu'on interdise la chasse dans cette zone, et non qu'on érige des barrières artificielles. Ici, l’État semble mettre ses ressources et ses autorisations au service du confort des chasseurs, au mépris de la biodiversité.
L'enfermement : Quand tout est bon pour tuer
Pour les équipages de chasse à courre, cette bâche est une aubaine tactique. Dans la tradition de la vénerie, l’animal est censé avoir une "chance" de s'échapper par sa ruse et son endurance. En installant un tel dispositif, on rompt ce contrat moral déjà fragile.
Le gibier se retrouve acculé contre une paroi artificielle, perdant ses repères et sa liberté de mouvement. C’est la démonstration que, pour les pratiquants de cette chasse ancestrale, le résultat final, la mise à mort, prime sur toute considération éthique. Cette fragmentation brutale de l'habitat montre qu'aux yeux des veneurs, la forêt n'est plus un écosystème libre, mais un terrain de jeu aménagé où l'animal n'est qu'un objet de divertissement sans issue.
Quel impact pour la faune sauvage en Belgique et ailleurs ?
Bien que ce fait se déroule en France, il résonne fortement avec les enjeux de protection animale en Belgique. La fragmentation des habitats par des clôtures ou des dispositifs de chasse est une menace croissante pour la continuité écologique.
À travers des structures comme Ava, l'objectif est clair : dénoncer ces méthodes qui transforment nos forêts en enclos à ciel ouvert. La complicité des instances officielles dans ces aménagements prouve la nécessité d'une surveillance citoyenne active sur le terrain. Il ne s'agit plus seulement de lobbying dans les bureaux, mais de témoigner, caméra au poing, de la réalité de la souffrance animale cachée derrière des prétextes administratifs.
Mobilisation citoyenne : Reprenons le contrôle de nos forêts
Face à tous ces actes de cruauté, le silence n'est plus une option. Il est temps que les citoyens actifs, lassés de voir la faune sauvage sacrifiée sur l'autel de traditions cruelles, se manifestent. Nous ne pouvons plus accepter que l'argent public et les autorités favorisent la mort brutale des animaux plutôt que leur protection.
Comment agir ?
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Rejoignez les observateurs de terrain : Soutenez des initiatives comme AnimalsProtect.org en Belgique ou AVA en France pour documenter et signaler ces installations illégales ou éthiquement inacceptables.
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Interpellez vos élus : Exigez une interdiction stricte de tout aménagement visant à entraver la fuite des animaux lors des battues ou des chasses à courre.
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Partagez l'information : La vidéo de ces bâches kilométriques est une preuve irréfutable. Diffusez cet article pour briser l'omertà qui règne en forêt.
La forêt appartient à tous, et son respect commence par la liberté de ceux qui y vivent. Ensemble, devenons la voix de ceux qui n'en ont pas.
Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :
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