
Une analyse critique de l'engouement récent pour les formations de chasse en Belgique
Article du 07 février 2026
Le récent engouement pour les examens de chasse, qualifié par certains médias de "succès historique", cache une réalité bien plus sombre : la banalisation de la violence envers les animaux sauvages sous couvert de loisir ou de régulation.
Récemment, un article de RTL Info mettait en avant ce qu'il qualifie de succès « historique » : des centaines de citoyens belges se pressent pour suivre des formations afin de devenir chasseurs. Si les chiffres témoignent d'un intérêt croissant, il est primordial de s'interroger sur la nature même de ce succès. Peut-on réellement se réjouir qu'une part grandissante de la population cherche à obtenir le droit légal de supprimer la vie d'êtres sensibles ? Chez AnimalWeb, nous pensons que ce constat est, au contraire, profondément alarmant.
Signez la pétition officielle déposée au Parlement Wallon contre l'importation d'animaux pour la chasse : Pétition officielle n°509
L'abattage par loisir : une passion d'un autre âge
Le terme "succès" est ici lourd de sens. Il suggère une progression positive, une réussite sociétale. Pourtant, derrière les bancs de l'école du Royal Saint-Hubert Club, l'objectif final reste le même : l'abattage. On nous présente des experts en droit, en biologie ou en armement, comme pour donner une caution scientifique et rigoureuse à une activité qui, au fond, repose sur la traque et la destruction de la faune.
Présenter la chasse comme un examen académique prestigieux est une stratégie de communication bien rodée. En insistant sur la difficulté de l'examen et la "matière immense" à assimiler, on occulte la finalité éthique de l'acte. Le permis de chasse se résume à tuer des animaux sans défense qui sont des victimes innocentes qui ne demandent qu'à vivre en paix loin de l'humain. Ce document ne devrait jamais être considéré comme un trophée de fin d'études ou un accomplissement personnel.
Le mythe de la régulation et de la biodiversité
L'un des arguments phares des partisans de la chasse est celui de la régulation. Cependant, de nombreuses études scientifiques et associations de protection de la nature démontrent que la nature possède ses propres mécanismes d'auto-régulation. L'introduction massive de gibier d'élevage (comme les faisans ou les perdrix) à des fins de tir, ou le nourrissage artificiel (le nourrissage dissuasif) pour maintenir des populations élevées de sangliers, prouvent que la chasse ne régule pas : elle gère un cheptel pour son propre plaisir malsain.
En Wallonie, l'importation de gibier étranger pour satisfaire la demande de tir est un secret de polichinelle. Ce "succès historique" de nouveaux candidats chasseurs ne fera qu'accroître la pression sur nos écosystèmes déjà fragiles. Plus de chasseurs signifie plus de dérangement en forêt, plus de munitions de plomb (toxiques pour l'environnement) et, inévitablement, plus de souffrance animale.
Vers une autre relation avec le monde vivant
À l'heure où la conscience du bien-être animal n'a jamais été aussi forte, voir des centaines de personnes investir du temps et de l'argent pour apprendre à tuer est un signal contradictoire. Pourquoi ne pas transformer cette soif de connaissances de la forêt en formations de photographie animalière, de pistage non-violent ou de conservation active ?
AnimalWeb milite pour une protection réelle des animaux sur le terrain. La liberté de parole que nous prônons nous impose de dénoncer ces titres médiatiques qui glorifient la violence gratuite. Nous appelons les citoyens à ne pas se laisser séduire par cette image "noble" de la chasse, d'une tradition d'un autre âge. Un véritable succès pour la Belgique serait de voir ces centaines de personnes s'inscrire dans des programmes de protection des espèces menacées ou de reboisement.
Le vivant n'est pas un code de culture que l'on change au gré des saisons, ni une cible pour évacuer le stress urbain. Protéger la nature, c'est d'abord apprendre à la laisser vivre.
