Robert Hansen : Le "Boucher Boulanger" qui traquait l'humain comme du gibier

Dans une forêt, un homme, armé d'un couteau, traque une femme
Dans une forêt, un homme, armé d'un couteau, traque une femme

Cet article retrace le parcours criminel de Robert Hansen, illustrant la dérive ultime d'une passion pour la traque transformée en folie meurtrière.

 

Article du 11 février 2026

 

L'histoire criminelle est jalonnée de monstres, mais peu incarnent la figure du prédateur avec autant de froideur que Robert Hansen. En Alaska, durant les années 70, cet homme a transformé la nature sauvage en un terrain de chasse macabre, prouvant que les outils de la traque peuvent devenir, entre de mauvaises mains, les instruments d'une barbarie sans nom.

 

Une enfance bercée par le bégaiement et la rancœur

 

Né en 1939 dans l'Iowa, Robert Hansen n'a pas connu une enfance paisible. Marqué par un bégaiement prononcé et une acné sévère, il est devenu le bouc émissaire de ses camarades. Cette exclusion sociale a nourri chez lui une haine profonde, particulièrement envers les femmes qu'il jugeait inaccessibles et méprisantes.

 

Pour compenser ses complexes, Hansen s'est réfugié dans deux domaines : la boulangerie et, surtout, la chasse. Il est devenu un tireur d'élite accompli, collectionnant les records de trophées de chasse à l'arc et au fusil. Mais derrière l'image du citoyen tranquille et du chasseur respecté se cachait déjà une personnalité antisociale cherchant un exutoire à sa frustration.

 

Le mode opératoire : Une traque humaine en pleine nature

 

Entre 1971 et 1983, Hansen a enlevé au moins 17 femmes à Anchorage. Son mode opératoire, terrifiant de pragmatisme, était directement calqué sur ses habitudes de chasseur. Il emmenait ses victimes dans son avion privé vers la vallée de la rivière Knik, une zone sauvage et isolée.

 

Là, il ne se contentait pas d'exécuter ses victimes. Il les libérait dans la forêt glaciale, leur laissant une chance illusoire de s'échapper, pour ensuite les traquer méthodiquement avec son fusil de précision Ruger Mini-14. Pour Hansen, le plaisir ne résidait pas seulement dans la mort, mais dans la traque : le sentiment de domination absolue sur une proie terrorisée qui tente désespérément de survivre.

 

Tuer n'est pas le véritable plaisir, c'est la traque qui l'est !

 

Pour un profil comme celui de Robert Hansen, l'acte final de donner la mort est presque secondaire, voire décevant, car il marque la fin du jeu. Le véritable moteur, c’est la traque.

 

Dans l'esprit de ces chasseurs d'humains, la forêt devient une arène où s'exprime un besoin pathologique de contrôle. Pourquoi ce "plaisir" est-il si central ?

 

  • L'ivresse de la toute-puissance : En laissant une "chance" à la victime, le tueur prolonge l'agonie psychologique de sa proie. Il savoure l'instant où il sait quelque chose que la victime ignore encore : qu'il n'y a aucune issue.

  • La réification de l'être vivant : En calquant son mode opératoire sur la chasse au gros gibier, Hansen retire toute humanité à ses victimes. Elles ne sont plus des femmes, mais des trophées mobiles. Cette déconnexion empathique est le pont terrifiant entre la maltraitance animale et la violence humaine.

  • Le défi technique : Utiliser un fusil de précision dans une zone sauvage transforme un crime en une "performance" technique à ses yeux, valorisant son ego de chasseur là où la société l'avait rejeté.

 

Hansen n'était pas un homme qui tuait ; c'était un chasseur qui avait simplement changé de cible pour satisfaire une soif de domination que seul le frisson de la poursuite pouvait apaiser.

 

Une similitude flagrante avec la psychopathie cynégétique

 

Le cas de Robert Hansen n'est pas qu'un simple fait divers ; il est le miroir déformant d'une réalité que nous dénoncions déjà dans notre analyse sur les chasseurs et la psychopathie.

 

Il existe une frontière poreuse entre le plaisir de dominer la vie d'un animal et la pulsion de domination humaine. Hansen utilisait les mêmes codes, les mêmes armes et le même vocabulaire que les chasseurs. Cette similitude suggère une vérité dérangeante : si les barrières légales s'effondraient, certains profils, déjà désensibilisés par la pratique régulière de la mise à mort animale, n'hésiteraient pas à franchir le pas. L'histoire nous a montré, durant des siècles de conflits et de barbarie, que l'homme peut facilement transformer en chose son semblable pour en faire un gibier à traquer et à massacrer.

 

L'urgence d'un contrôle psychiatrique

 

Robert Hansen a été condamné à 461 ans de prison, mais son cas doit servir de leçon. Il nous rappelle que la possession d'armes de chasse et la maîtrise des techniques de traque ne sont pas des loisirs anodins. Sans un cadre psychiatrique strict et une évaluation annuelle de l'empathie des pratiquants, nous laissons des individus potentiellement dangereux évoluer dans un environnement qui glorifie la prédation.

 

Protéger les animaux, c'est aussi surveiller ceux qui trouvent un plaisir suspect dans l'agonie d'un être vivant. Car le passage de la bête à l'homme n'est, pour un psychopathe, qu'un changement de cible.

 

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