Chien sans laisse – Puis je contester l'amende ?

Image divisée en deux scènes en forêt : à gauche, un promeneur avec so
Image divisée en deux scènes en forêt : à gauche, un promeneur avec so

En Wallonie, un promeneur risque jusqu'à 2 000 € d'amende pour un chien sans laisse, là où un chasseur paie 0 € pour lâcher ses meutes : une injustice flagrante analysée par AnimalWeb.

 

Article du 19 février 2026

 

En Wallonie, laisser son chien sans laisse expose le propriétaire à une amende pouvant atteindre 2 000 € en cas de récidive. Si la protection de la faune est l’argument officiel, une question de fond demeure : pourquoi cette rigueur disparaît-elle dès qu’il s’agit de battues organisées par les chasseurs ? Entre protection de la nature et privilèges catégoriels, le "deux poids, deux mesures" administratif est flagrant.

 

La loi est la même pour tous... en théorie

 

Le Code forestier wallon est limpide : pour garantir la quiétude de la faune sauvage et la sécurité de tous, les chiens doivent être maintenus sous contrôle strict, c'est-à-dire tenus en laisse. Pour le promeneur citadin ou local, l'amende tombe souvent sans sommation, surtout lors des contrôles renforcés du Département de la Nature et des Forêts (DNF). L'administration justifie cette sévérité par le risque de dérangement des animaux des bois et forêts, et la préservation des biotopes fragiles.

 

Pourtant, cette même administration semble fermer les yeux sur une réalité contradictoire. Comment expliquer que le dérangement de la faune, si lourdement sanctionné pour un simple citoyen, devienne soudainement toléré, voire encouragé, lorsqu'une meute de chiens de chasse est lâchée en forêt pour traquer le gibier ?

 

Un argument pour la contestation : l'égalité de traitement

 

Si vous recevez une amende, la question n’est pas tant de nier l’infraction que de questionner la cohérence de la sanction. Le droit administratif belge repose sur un principe fondamental : l'égalité des citoyens devant la loi.

 

Le paradoxe du chien de chasse

 

Lorsqu'un propriétaire conteste une amende, il peut légitimement avancer cet argument : chaque chien, qu'il appartienne à un promeneur ou à un chasseur, a un impact sur l'environnement. Or, la réglementation actuelle crée une hiérarchie injustifiable :

 

  • Le chien de compagnie : Perçu comme une nuisance environnementale qu'il faut brider par une menace financière pouvant grimper jusqu’à 2 000 €.

  • Le chien de chasse : Bénéficie d'une impunité totale (0 € d'amende), alors même que son activité consiste précisément à débusquer et stresser la faune sauvage sur de vastes périmètres. De plus, les chiens de chasse, en poursuivant un animal, peuvent se retrouver hors du périmètre de chasse initial, mettant ainsi en péril la sécurité des citoyens (morsures, risques routiers) et la vie même de ces chiens.

 

Invoquer cette différence de traitement dans un recours administratif n'est pas une tentative de fuir ses responsabilités, mais une manière de souligner que chaque citoyen et chaque animal mérite un traitement administratif identique. Si le dérangement de la faune est le critère réel de l'amende, il devrait s'appliquer avec la même rigueur à tous les acteurs de la forêt, sans exception pour les loisirs de sang.

 

Vers une prise de conscience citoyenne

 

Chez AnimalWeb Belgique, nous rappelons qu'il est toujours préférable de tenir son chien en laisse pour sa propre sécurité, de son chien qui pourrait ingurgiter des abats d'un sanglier atteint de la maladie d'Aujeszky et en mourir dans les 48 heures et celle des autres promeneurs. Cependant, nous refusons que la loi forestière devienne un outil de pression sélectif au profit d'un lobby.

 

La sévérité croissante envers les propriétaires de chiens ne peut être acceptée si, en parallèle, des privilèges flagrants sont accordés à une minorité. La protection de la nature ne doit pas être un prétexte à une justice à deux vitesses. Il est temps de réclamer une gestion des espaces naturels qui respecte autant l'animal de compagnie que l'animal sauvage, en mettant fin à cette asymétrie révoltante entre le citoyen lambda et le chasseur.

 

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Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Chiens, Laisse, Wallonie