Affaire du cerf abattu chez Luc Besson : un procès en appel

Salle d’audience sombre avec une juge assise au centre, deux hommes te
Salle d’audience sombre avec une juge assise au centre, deux hommes te

Un article d'actualité analysant les enjeux juridiques et éthiques du procès en appel lié à l'abattage d'un cerf sur le domaine du cinéaste Luc Besson.

 

Article du 21 février 2026

 

L’affaire qui avait secoué le monde de la protection animale en 2019 revient devant la justice. Le procès en appel concernant le cerf abattu sur le domaine de Luc Besson s’ouvre ce mois-ci, remettant en lumière les tensions entre droit de chasse, propriété privée et éthique environnementale. Pour AnimalWeb Belgique, ce dossier dépasse le simple fait divers : il illustre la fragilité du statut de l’animal sauvage face à la folie humaine.

 

L’histoire remonte à plusieurs années, mais l’émotion reste vive. Sur le domaine de la Trinité, propriété du réalisateur Luc Besson située dans l’Orne, un cerf majestueux avait été égorgé par des chasseurs sous les yeux de la mère du réalisateur. Alors que le premier jugement avait laissé un goût d'inachevé aux défenseurs de la faune, ce procès en appel représente une étape décisive pour la jurisprudence en matière de protection animale.

 

Entre droit de chasse et sanctuaire privé : un vide juridique dangereux

 

Le cœur du litige repose sur une question fondamentale : un propriétaire peut-il interdire l’intrusion de chasseurs sur ses terres pour protéger la faune qui y réside ? Dans le cas de Luc Besson, le domaine était considéré par le cinéaste comme un refuge pour la biodiversité. Pourtant, les fédérations de chasse locales avaient invoqué des impératifs de régulation des populations de grands gibiers pour justifier leurs actions.

 

Ce conflit souligne l'hypocrisie de la gestion actuelle de la faune. D'un côté, on prône la protection des espèces ; de l'autre, on autorise l'abattage sous prétexte de "dégâts aux cultures" ou de "surpopulation", souvent sans preuves scientifiques indépendantes. Pour les citoyens actifs et les structures comme la nôtre, qui privilégient l'action de terrain à la bureaucratie, ce procès est le symbole d'une lutte contre un lobby de la chasse encore trop puissant dans les sphères législatives.

 

Prévention vs Divertissement : l’animal au centre des débats

 

Pourquoi l'exécution d'un animal sauvage sur une propriété privée est-elle encore tolérée par la loi ? L'argument de la régulation naturelle est souvent balayé par la réalité du terrain : la chasse est ici perçue comme un loisir au détriment de la volonté de préservation d'un animal sans défense.

 

Chez AnimalWeb Belgique, nous observons des similitudes avec les problématiques rencontrées sur notre territoire. La prédation naturelle est un cycle nécessaire, mais l'intervention humaine sous forme de "divertissement sanglant" est une dérive que nous dénonçons. Ce procès en appel doit servir de signal : la vie d'un animal sauvage ne doit plus être soumise au bon vouloir d'une minorité armée, surtout lorsqu'elle se trouve dans un espace censé lui servir de sanctuaire.

 

Quelles conséquences pour la protection animale en Belgique ?

 

Bien que l'affaire se déroule en France, les répercussions pourraient être européennes. Une décision forte en faveur de la protection de l'animal sur une propriété privée renforcerait la position des citoyens belges qui souhaitent retirer leurs terres des zones de chasse (le fameux droit de retrait).

 

En Belgique, comme ailleurs, le ras-le-bol citoyen grandit face à l'immobilisme des grandes structures de lobbying qui préfèrent les subventions aux prises de position radicales. Ce procès est une invitation à l'action : il est temps de réclamer une réforme profonde du code forestier et de la chasse pour que la liberté de protéger la vie sauvage soit supérieure au droit de la détruire pour le plaisir.

 

Pourquoi l'issue de cet appel est une victoire cruciale pour la protection animale

 

Le verdict de ce procès en appel sera scruté de près par tous ceux qui refusent que la nature soit un simple décor pour activités de loisirs létales. AnimalWeb Belgique restera vigilant sur les suites de cette affaire, car chaque victoire juridique pour un cerf est une victoire pour la dignité de l'ensemble du vivant.

 

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Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Chasse, Cerf, Luc Besson, Tribunal, France