
AnimalWeb Belgique dénonce une réponse ministérielle tardive et déconnectée des réalités de terrain.
Article du 07 mars 2026
Interpellé sur les risques sanitaires liés à la chasse, le cabinet du ministre a mis un mois pour transmettre un document vieux d’un an. Une "réponse" qui confirme surtout l’impuissance volontaire des autorités face aux métaux lourds et aux virus.
Le mépris du calendrier : 12 mois pour une circulaire publique
Il aura fallu un mois de patience à AnimalWeb Belgique pour obtenir une réaction du cabinet ministériel. La déception est de taille : les autorités nous ont fait parvenir une circulaire de l'AFSCA (version 2.2) datée du 20 mars 2025.
Recevoir en mars 2026 un texte édité un an plus tôt est révélateur du fonctionnement de l'administration : on ressort de vieux dossiers pour éviter de répondre aux questions d'actualité. Ce document, censé nous éclairer, se contente de lister les règles administratives des établissements de traitement agréés, ignorant superbement nos alertes sur la contamination au plomb et les virus de la viande d'animaux exécutés lors des saisons de chasse.
"Personne Formée" : Le privilège du contrôle entre soi
Le rapport transmis réaffirme le rôle central de la Personne Formée (PF). Ce système, que nous dénonçons comme étant "juge et partie", confie la responsabilité de l'examen initial de la carcasse à un chasseur, souvent membre du groupe de tir.
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Une expertise aveugle : La circulaire précise que la PF réalise un examen visuel juste après la mise à mort. Or, aucune inspection visuelle ne peut détecter les micro-fragments de plomb neurotoxiques ou le virus d’Aujeszky.
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Le paravent de la trichine : Pour le sanglier, le seul test biologique mentionné avant toute mise sur le marché est la recherche de trichines. C’est l’arbre qui cache la forêt : l'État valide une viande "conforme" sans jamais tester la présence de métaux lourds ou de virus létaux qui tuent les chiens en 48 heures.
Un système de contrôle à géométrie variable
La réponse ministérielle est d'autant plus inquiétante qu'elle confirme l'existence de zones grises. La circulaire exclut explicitement de ses règles les livraisons directes de "petites quantités" de gibier sauvage.
Pendant que l'AFSCA traque la moindre bactérie dans nos boucheries, la filière chasse bénéficie d'une dérogation de fait. L'éviscération se pratique souvent dans la boue, en pleine nature, sous la seule surveillance d'une PF dont la neutralité est invérifiable.
L’urgence d’une vraie transparence
En nous envoyant un rapport obsolète qui ne traite que de la paperasse des centres agréés, le Ministre esquive le débat sur la santé publique des wallons. AnimalWeb Belgique refuse ce silence administratif.
La sécurité alimentaire ne peut pas reposer sur un document vieux d'un an et sur la bonne foi d'un secteur qui s'auto-contrôle. Les citoyens wallons et leurs animaux de compagnie méritent une protection réelle, basée sur des analyses de laboratoire indépendantes, et non sur des circulaires qui ne répondent à aucune de nos préoccupations au niveau sanitaire.
Il est important pour le consommateur final que la provenance de la viande de gibier soit clairement affichée dans les boucheries, les traiteurs, les restaurants. Il n'est pas normal que la viande provenant de la chasse échappe aux contrôles effectués sur la viande issue d'élevage.
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