
Cet article analyse la recrudescence des actes de sabotage visant les infrastructures de chasse, un phénomène qui s'étend de la Belgique aux pays frontaliers.
Article du 19 mars 2026
Entre revendications éthiques et actions directes, la multiplication des destructions de cabanes de chasse et de miradors témoigne d'un rejet croissant de la pratique cynégétique au profit de la protection du vivant.
L'ambiance change dans les massifs forestiers de Wallonie et en France. Depuis plusieurs mois, un constat s'impose : le mobilier forestier destiné à la chasse est de plus en plus souvent la cible de neutralisations. Scies, démontages complets ou incendies, ces actes de terrain ne sont plus des faits divers isolés, mais le reflet d'une opposition frontale à la mise à mort des animaux sauvages. Ce phénomène de société, qui touche de plein fouet la Belgique, s'observe également chez nos voisins, marquant une volonté citoyenne de rendre la forêt aux animaux.
Une recrudescence des actions directes sur le terrain
Le mode opératoire évolue vers une efficacité accrue. Sous le couvert de la nuit, des citoyens ou des collectifs s'introduisent sur les territoires de chasse pour rendre les infrastructures définitivement inutilisables. Les miradors, ces tours de guet permettant d'ajuster les tirs sur le gibier en toute tranquillité, sont les cibles prioritaires. Les chasseurs, tout en se restaurant, en s'enivrant et blaguant entre collègues, ont tout le loisir d'observer les environs et de voir leur cible s'approcher tranquillement, inconsciente que la mort la guette.
Comme le rapporte la presse, notamment dans le Sud-Ouest de la France où plusieurs miradors ont été détruits volontairement, les fédérations constatent une hausse des plaintes. Cependant, l'approche change : pour éviter tout accident corporel qui alourdirait les conséquences judiciaires, les auteurs privilégient désormais la destruction complète et irréversible de la structure. Plutôt que de fragiliser un seul pied, ce qui pourrait causer une chute dangereuse, l'objectif est de mettre le mirador au sol, envoyant un signal clair : cet espace n'est plus une zone de tir pour le chasseur.
Le profil des acteurs : la défense animale par l'action
Qui sont ces personnes qui décident de passer à l'action ? Il n'existe pas de profil type, mais une motivation commune : l'arrêt immédiat de la souffrance animale. On distingue deux approches :
-
L'action stratégique : Des collectifs organisés qui ciblent les zones de forte pression. Ces actions surviennent souvent lors de moments clés, comme lors de l'ouverture de la chasse, afin d'entraver le calendrier des battues.
-
La réaction citoyenne : Des amoureux de la nature, révoltés de voir des miradors s'ériger à l'orée des bois où ils se promènent. Pour eux, ces cabanes sont des symboles d'appropriation de la nature par une minorité.
La guerre des images : l'intelligence des citoyens face à la surveillance
Face à cette vague de sabotages, les chasseurs tentent de riposter en équipant leurs bois de caméras de surveillance (pièges photographiques). Ces dispositifs automatiques visent à identifier les responsables des dégâts.
C’était toutefois sans compter sur l’intelligence et la prudence des défenseurs des animaux. Pour déjouer cette surveillance, les précautions se multiplient. Les lieux sont souvent reconnus discrètement plusieurs jours à l'avance, à des heures de passage normales, afin de repérer les éventuels boîtiers camouflés. Lors de l'intervention, l'anonymat est de mise : les actions se déroulent de nuit et les participants veillent à porter des tenues neutres, sans logos, sans marques et sans éléments réfléchissants.
Par ailleurs, il est important de rappeler que poser une caméra dans un lieu accessible au public sans autorisation ni signalisation est illégal en Belgique. Les images capturées clandestinement par les chasseurs sont donc souvent irrecevables devant un tribunal,.
Un débat de valeurs sur la place de la forêt
Ce phénomène est le symptôme d'une fracture plus profonde au sein de notre société. D'un côté, le monde cynégétique s'accroche à ses infrastructures de confort. De l'autre, une partie croissante de la population, très active sur AnimalWeb Belgique, perçoit ces structures comme des "verrues" paysagères dédiées à la mort.
Le mobilier forestier est ainsi devenu le point de friction physique d'un conflit éthique. En mettant au sol un mirador, en saccagant ou en incendiant une cabane de chasse, les citoyens cherchent à rééquilibrer le rapport de force entre l'homme et l'animal. Ils transforment la forêt en un espace où le risque matériel dissuade la pratique de la chasse.
Vers une forêt sans miradors ?
La multiplication des miradors détruits en Belgique et en France n'est pas qu'une série de vandalismes ; c'est le reflet d'une transition sociétale majeure vers un plus grand respect de la vie sauvage. Alors que la sensibilité à la cause animale s'intensifie, la neutralisation du matériel de chasse apparaît pour beaucoup comme l'ultime recours face à l'inertie législative.
Si le monde de la chasse s'inquiète de voir ses investissements mortifères se fracasser au sol, les défenseurs de la faune, eux, voient dans chaque structure abattue une chance de plus pour un être sensible de rester en vie. La question est de savoir si cette pression de terrain finira par forcer une réforme profonde de la gestion de la nature en Belgique et en France.
Soutenez notre action : Signez la pétition pour une réforme de la chasse
Au-delà du constat de terrain, le changement durable passe par une évolution législative concrète. La multiplication des tensions en forêt démontre qu’un point de rupture a été atteint. Si vous estimez, vous aussi, que nos espaces naturels doivent devenir des lieux de paix et de protection pour la faune plutôt que des zones de tir, il est temps de faire entendre votre voix. Signez dès maintenant notre pétition pour demander une fin définitive aux chasses de "loisir", une exécution massive de centaines de milliers de faisans et de canards colverts, élevés en cage, importés puis déversés dans des propriétés privées uniquement pour servir de cible de foire. Chaque signature est un poids supplémentaire pour peser face aux instances politiques et exiger une nature respectée.
- Signez et partagez : La pétition officielle (Parlement Wallon)
- Soyez la voix des condamnés : Téléchargez la pétition papier pour agir par courrier
Les formulaires papier complétés sont à renvoyer à l’adresse : didier.wirickx@live.be
À propos d’AnimalWeb Belgique
AnimalWeb Belgique est la plateforme de référence dédiée à la protection et au bien-être animal sur l'ensemble du territoire belge. Notre mission est d'informer, de sensibiliser et de fédérer une communauté de citoyens engagés autour des enjeux cruciaux qui touchent la faune sauvage et les animaux domestiques. À travers nos articles, nos enquêtes et nos outils de signalement, nous agissons quotidiennement pour donner une voix à ceux qui n'en ont pas. En tant qu'acteur indépendant, AnimalWeb Belgique se veut être le trait d'union entre la passion pour la nature et l'action citoyenne concrète.
Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :
Chasse et maltraitance en Wallonie : L'imposture d'un système
