Chasse en Belgique : Quand la parole se libère face aux pratiques moyenâgeuses (Vidéo)

Homme au milieu d'une forêt ardennaise
Homme au milieu d'une forêt ardennaise

Face aux témoignages sur les réseaux sociaux, la population et les chasseurs dénoncent des pratiques d'un autre âge.

 

Article du 09 avril 2026

 

Malgré le poids des traditions et la pression de certains lobbys, les réseaux sociaux deviennent le théâtre d'une révolte citoyenne et interne : de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer des pratiques de chasse.

 

Le réveil des consciences : Des réseaux sociaux comme rempart au silence

 

Depuis quelques années, un phénomène nouveau bouscule le paysage cynégétique belge. Si le monde de la chasse a longtemps fonctionné en vase clos, protégé par des clôtures de propriétés privées et un certain entre-soi, la digue est en train de céder. Sur Facebook, Instagram ou YouTube, les témoignages de citoyens outrés et, plus surprenant encore, de chasseurs eux-mêmes, commencent à "envahir" l'espace numérique.

 

Ce n'est plus seulement une confrontation entre "pro" et "anti". C'est un cri d'alarme contre une chasse mercantile et féodale. Les récits de sangliers importés de l'étranger, de nourrissage (agrainage) massif transformant les forêts en élevages à ciel ouvert, ou encore les témoignages de menaces subies par ceux qui osent parler, circulent désormais à la vitesse d'un clic. Cette transparence forcée par le numérique met en lumière une réalité que beaucoup de Belges ne soupçonnaient pas : une gestion de la faune déconnectée de toute réalité écologique.

 

Le courage des "lanceurs d'alerte" du monde de la chasse

 

Le témoignage de Bernard, redécouvert récemment, est emblématique de cette fracture. Ce chasseur, qui a eu le courage de dénoncer sur la RTBF les méthodes de "grands seigneurs" locaux, illustre parfaitement le dégoût qui gagne les rangs de la grande majorité de ses collègues. En décrivant des sangliers "tombés du camion" avec les oreilles entaillées pour masquer leur origine, il a brisé l'omerta.

 

Ce qui est frappant, c'est que Bernard n'est plus seul. Sur les plateformes d'AnimalWeb Belgique, nous observons une recrudescence de messages de la part de ruraux, de promeneurs, mais aussi de gardes-chasse qui ne supportent plus de voir la nature traitée comme un supermarché. Ils dénoncent

:

  • La privatisation de la faune sauvage par une élite financière.

  • L'impact désastreux des densités artificielles de gibier sur la régénération des forêts.

  • Le mépris des règles de sécurité et du bien-être animal élémentaire.

 

Ces témoins risquent gros : pressions juridiques, exclusion des cercles de chasse, ou intimidations directes. Pourtant, la saturation est telle que la peur change de camp.

 

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Vers la fin de l'impunité et des pratiques d'un autre âge ?

 

Pourquoi parler de pratiques "moyenâgeuses" ? Parce que l'idée qu'un propriétaire puisse disposer de la faune sauvage comme d'un cheptel domestique, sans rendre de comptes à la collectivité, appartient au passé. En Belgique, la biodiversité est un bien commun.

 

L'opinion publique belge a évolué. Elle n'accepte plus que des animaux soient élevés pour être lâchés devant des fusils sous couvert de "régulation". Le contraste est saisissant entre le discours officiel de certains cercles de chasse (se présentant comme les "premiers écologistes") et la réalité des faits dénoncés sur le terrain. Cette dissonance cognitive ne passe plus.

 

Le soutien massif que reçoivent ces témoignages sur les réseaux sociaux montre que la population demande des comptes. Elle exige une chasse qui s'inscrit dans une véritable gestion de la biodiversité, et non dans une quête de trophées financée par l'importation illégale d'animaux.

 

Quel avenir pour la gestion de la faune en Wallonie ?

 

Le défi pour les années à venir est immense. La pression citoyenne exercée via les nouveaux médias oblige les autorités et le Département de la Nature et des Forêts (DNF) à une vigilance accrue. Mais au-delà de la répression, c'est un changement de paradigme qui est réclamé.

 

Il est temps de soutenir ceux qui, comme Bernard, témoignent. Il est temps d'écouter ces "lanceurs d'alerte".. AnimalWeb Belgique continuera d'être une plateforme pour ces voix, car la protection animale passe aussi par la dénonciation de ceux qui tuent par plaisir des animaux sans défense.

 

La multiplication de ces témoignages n'est pas un effet de mode, c'est le signe d'une société qui ne veut plus fermer les yeux sur ce qui se passe derrière les barbelés de nos massifs forestiers.

 

À propos d'AnimalWeb Belgique : AnimalWeb est un média totalement libre et indépendant qui ne perçoit aucune subvention publique, garantissant ainsi une parole sans filtre au service de la cause animale. Cette autonomie financière nous permet de relayer des témoignages engagés et de dénoncer les dérives en toute impartialité.

 

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Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Chasse, Témoignages, Wallonie