Dolimont et Dalcq : Les fossoyeurs du bien-être animal en Wallonie ?

Monticule d'animaux tués lors des chasses en Wallonie
Monticule d'animaux tués lors des chasses en Wallonie

Les récentes décisions politiques en Wallonie marquent une régression inédite du Code wallon du bien-être animal.

 

Article du 29 mai 2026

 

Il y a encore peu, la Wallonie affichait de grandes ambitions éthiques. Aujourd'hui, les observateurs assistent à un détricotage méthodique et silencieux des acquis législatifs. La méthode est subtile : plutôt que de grands débats publics, ce sont des révisions discrètes, des décrets d'application assouplis et des exceptions réglementaires qui vident le Code wallon de sa substance.

 

L'un des exemples les plus frappants de ce recul concerne la captivité des dauphins. Alors que la tendance européenne s'oriente vers la fermeture des delphinariums et l'interdiction de maintenir des cétacés en captivité, des portes dérobées s'ouvrent à nouveau en Wallonie. Comment justifier qu'en 2026, des impératifs économiques ou de divertissement puissent encore l'emporter sur la détresse psychologique et physique d'animaux marins d'une intelligence supérieure ? Pour les défenseurs de la nature, la complaisance des autorités wallonnes face à ces industries de l'enfermement est le signe flagrant d'un désintérêt total pour la sensibilité animale.

 

Chasse industrielle : 230 000 animaux importés pour servir de cibles

 

Le dossier de la chasse en Wallonie constitue sans doute le sommet du cynisme politique actuel. Loin de l'image d'Épinal du chasseur régulateur traditionnel, la réalité du terrain s'apparente désormais à une industrie de la mort à grande échelle, validée par les cabinets de Dolimont et Dalcq.

 

Chaque année, plus de 230 000 oiseaux de tir (des faisans, des canards colverts et des perdrix) sont massivement importés sur le territoire wallon. Élevés dans des conditions artificielles, ces animaux n'ont aucune chance de survie. Ils sont relâchés dans la nature à la seule fin de servir de cibles vivantes pour quelques privilégiés en mal de sensations fortes.

 

Le saviez-vous ? Ces êtres sensibles, totalement inadaptés à la vie sauvage, sont massacrés à bout portant lors de battues de loisir. Beaucoup ne meurent pas sur le coup : ils agonisent pendant des heures, voire des jours, cachés dans les ronces, dans l'indifférence la plus totale.

 

Si les citoyens ordinaires s'indignent, la pratique s'étend jusqu'au plus haut sommet de l'État, impliquant même les chasses royales. Comment accepter qu'au XXIe siècle, le plaisir de tuer un être vivant et sans défense soit encore érigé en tradition intouchable par le gouvernement wallon ?

 

L’insupportable hypocrisie des chiens de chasse : Quand le combat d’animaux devient légal

 

L'un des angles morts les plus révoltants de la politique menée par le cabinet d'Anne-Catherine Dalcq réside dans le flou juridique total entourant le statut des chiens de chasse en Wallonie. L’article D.23 du Code wallon du bien-être animal est pourtant limpide : l’organisation de combats d’animaux est strictement interdite sur le territoire belge, une évidence pour garantir leur protection.

 

Pourtant, que se passe-t-il lors d'une battue à cor et à cri ? Envoyés en première ligne pour débusquer ou acculer le grand gibier, les chiens de chasse se retrouvent projetés dans de véritables combats à mort face à des sangliers acculés qui se défendent pour leur survie. Éventrés, mutilés, parfois tués sur le coup, ces chiens subissent des violences physiques extrêmes sous l'œil complaisant de leurs maîtres et des autorités.

 

À ce carnage physique s'ajoute une menace sanitaire invisible et mortelle : la maladie d'Aujeszky. Surnommé la "pseudorage", ce virus mortel à 100 % pour les canidés circule activement chez environ 30 % des sangliers wallons. En forçant le contact direct entre les chiens et la faune sauvage, les chasseurs exposent sciemment leurs compagnons à une agonie foudroyante qui les tue dans des souffrances atroces en seulement 24 à 48 heures. Comment le gouvernement wallon peut-il d'un côté pénaliser sévèrement la cruauté envers les animaux domestiques, et de l'autre, fermer les yeux sur ces "combats" déguisés qui sacrifient la vie des chiens sur l'autel du loisir cynégétique ?

 

Quel sort pour les cadavres ? L'opacité des bilans de fin de battue

 

Derrière le "sport" et le folklore de la chasse se cache une question logistique et éthique sordide : que deviennent les carcasses de ces centaines de milliers d'animaux exécutés ? Le volume de cadavres généré par ces tueries de loisir dépasse largement les capacités de consommation locale.

 

Les questions se multiplient sans obtenir de réponses claires de la part de la ministre Anne-Catherine Dalcq :

 

  • Ces animaux abattus finissent-ils jetés en masse dans des bennes d'équarrissage comme de vulgaires déchets industriels ?

  • Combien de milliers de corps pourrissent à même le sol, souillant les forêts wallonnes de leur sang, simplement abandonnés après avoir servi de divertissement ?

 

Cette gestion opaque met en lumière le manque cruel de considération éthique et sanitaire d'une politique qui ferme les yeux sur les dérives écologiques de la chasse intensive.

 

La Wallonie, une plaine de jeux pour cruauté légitimée ?

 

Pour de nombreuses associations et citoyens soucieux du droit des animaux, le constat est sans appel : sous la gouvernance du MR, la Wallonie est en passe de devenir une vaste aire de jeux pour des comportements que la morale publique réprouve. Permettre le massacre de masse d'animaux d'élevage relâchés pour le tir, ou valider le maintien en captivité d'espèces sauvages, s'apparente à une complicité institutionnelle face à la cruauté.

 

La sensibilité animale n'est plus une priorité éthique, elle est sacrifiée sur l'autel des lobbies agro-industriels et cynégétiques. Adrien Dolimont et Anne-Catherine Dalcq portent aujourd'hui la responsabilité historique de ce recul. AnimalWeb Belgique continuera de dénoncer ces régressions et d'exiger des comptes auprès de ceux qui, au lieu de protéger les plus vulnérables, se font les complices de leur souffrance. Il est urgent que la voix des citoyens s'élève pour faire barrage à ce que beaucoup qualifient déjà de véritable trahison de la cause animale.

 


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