
Un état des lieux alarmant sur la cohabitation entre chasseurs et citoyens suite aux nombreux témoignages de ce week-end.
Article du 27 janvier 2026
Le dimanche 25 janvier 2026, les réseaux sociaux ont été submergés par des témoignages de riverains exaspérés et inquiets. Dans de nombreuses entités de la ville de Saint-Ghislain, des tirs ont été entendus dès l’aube près des habitations. Cette journée a illustré une dérive que le monde politique ne peut plus ignorer : la mise en danger délibérée des citoyens au nom d'une loi obsolète.
Un dimanche sous tension : Le témoignage des citoyens
Le malaise est profond. À Tertre, à Baudour, près de la cité Wauters, à la rue de la Flache ou encore à la rue Louis Glineur, les habitants ont décrit un climat de guerre. Des coups de feu entendus très tôt le matin, parfois à moins de 20 mètres des jardins, ont provoqué l'indignation des riverains.
Les témoignages recueillis sur Facebook
Suite à un post publié sur le réseau social Facebook le dimanche 25 janvier 2026 à 11:05 qui demandait : "Depuis quand les chasses sont autorisées à côté des habitations sans que ceux ne soient prévenus ?", voici quelques commentaires :
Coup de feu entendu très tôt ce matin, Baudour rue de la Flache également.
Idem Rue des Aulnois ! Juste à 20 de mon habitation. Ils me rendent malade.
C’est bien ce qu’il me semblait avoir entendu en promenant mon chien, j’étais près du rond-point de l’ours.
Ils sont à la rue Louis Glineur à côté des habitations, c'est honteux et dangereux surtout.
Diriez-vous ça aussi si votre enfant joue dans le jardin au moment des tirs ? (mon jardin colle au bois) Diriez-vous ça aussi vous voyez un chien qui n'est pas le vôtre traverser votre jardin ? Diriez-vous ça aussi si vous voyez les chasseurs tirer juste à côté de votre clôture ? Ce bois monsieur est entouré de maisons (jardin) sur 3 côtés le 4ème étant la rue qui le sépare de l'autre bois. Alors, excusez-moi mais un avertissement aurait été le bienvenu.
Beaucoup de tirs. Les assassins sont en route
Un cas précédent d'atteinte à la sécurité avait déjà été constaté
Les signalements de ce dimanche ne sont malheureusement pas des événements isolés. Mi-janvier 2026, une situation d'une dangerosité extrême a été documentée à Baudour, plus précisément entre la Rue du Mont Garni et l'Avenue Louis Goblet (N526).
Rue du Mont Garni, une dizaine de rabatteurs, accompagnés de chiens de chasse non tenus en laisse, occupaient la voirie en attendant le signal pour entrer dans le bois. Au même moment, sur l'Avenue Louis Goblet, un axe pourtant très fréquenté et limité à 70 km/h, entre 10 et 20 chasseurs armés étaient postés en ligne de chaque côté de la route.
Le témoignage d'un couple d'automobilistes traversant la zone est particulièrement glaçant : ils ont vu un chasseur pointer son arme directement en direction de la route. Qu'il s'agisse d'une erreur de manipulation, d'une imprudence notoire ou d'un acte intentionnel, le choc est immense pour les citoyens qui se retrouvent littéralement dans la ligne de mire du chasseur.
Au-delà du risque de tir, pousser des sangliers pesant entre 70 et 100 kilos vers une route à grande circulation relève d'une inconscience totale. L'animal traqué, paniqué, blessé pourrait forcer le passage et se retrouver sur la route. Ces agissements irresponsables des chasseurs pourrait être la cause d'accident grave : un face à face entre deux véhicules roulant à 70 km/heure, est souvent mortel.
En attirant les animaux vers les routes, on crée une situation dangereuse qui peut se reproduire n'importe quand, aussi bien en journée que durant la nuit. On déplore ensuite régulièrement des collisions routières, souvent mortelles pour les animaux et traumatisantes pour les conducteurs, alors que ces accidents sont ici délibérément provoqués par des méthodes de traque irresponsables.
La règle des 200 mètres est absurde
La législation wallonne actuelle repose sur un pilier technique totalement déconnecté de la réalité : l'interdiction de tirer vers une habitation à moins de 200 mètres.
Pour comprendre l'absurdité de cette mesure, il faut regarder la portée des armes utilisées :
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Carabines de grande chasse : 1,5 km pour les munitions tirées par les fusils à canons lisses, 3 km pour celles tirées par les fusils à canons rayés
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L’illusion de sécurité : Interdire le tir vers une maison à 200 mètres alors que le projectile peut en parcourir 3000 revient à ignorer les lois élémentaires de la physique.
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Le danger des ricochets : Sur le bitume d'une route ou un sol gelé, une balle peut dévier et frapper une cible située bien au-delà de ce périmètre dérisoire.
Aujourd'hui, un chasseur peut légalement se tenir contre votre clôture tant qu'il tourne le dos à votre maison. Pour le riverain, le choc acoustique et le risque d'être toucher par une balle sont les mêmes. Cette faille juridique est une insulte à la sécurité des familles.
Un manque de volonté politique criminel ?
Si ces situations se répètent aussi bien en semaine qu'en week-end, c'est avant tout à cause d'un manque de courage, voire de complicité politique. Les autorités se cachent derrière le "respect des traditions" pour ne pas imposer de zones tampons réelles. On laisse la sécurité des automobilistes et des habitants entre les mains de groupes privés et armés, sans contrôle effectif sur le terrain.
Comment agir : Ne plus rester silencieux
Face à cet immobilisme, des structures comme animalsprotect.org et AnimalWeb Belgique se mobilisent pour que la voix des citoyens soit enfin entendue. Nous ne demandons pas seulement le respect de la faune, mais le droit fondamental à la sécurité des familles, des enfants.
Devons attendre le premier blessé, le premier mort afin d'enfin réagir ?
Vos outils pour dénoncer les abus
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Documentez les faits : Si vous voyez des chasseurs sur la route ou si des tirs frôlent votre propriété, prenez des photos et notez l'heure exacte.
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Signalez l'incident : Envoyez vos preuves à info@animalweb.be. Chaque témoignage renforce le dossier pour exiger une réforme de la loi.
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Alertez l'URPB : Contactez l'Unité de Répression de la Pollution et du Braconnage du SPW. En cas de menace immédiate, appelez le 101.
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Exigez des comptes : Interpellez vos élus locaux. Ce sont eux qui ont le pouvoir de prendre des arrêtés de police pour interdire la chasse à proximité immédiate des zones habitées.
Reprenons notre droit à la sécurité
Il est temps de mettre fin à cette zone d'ombre où le privilège de quelques-uns l'emporte sur l'intégrité physique de tous. Même si les chasseurs s'approprient les lois et jouent sur les flous juridiques pour maintenir leurs habitudes, ils ne peuvent nous interdire de vivre en toute sécurité. La forêt et ses abords doivent redevenir des lieux de paix, et non des zones de danger pour ceux qui y résident.
Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :
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