Luna, « invisible » dans la soute d’un avion à Zaventem

Photo du chien Luna et de son maître dans les massifs montagneux ennei
Photo du chien Luna et de son maître dans les massifs montagneux ennei

Le récit glaçant de Luna, un Beagle oublié dans la soute d'un avion à Bruxelles-Zaventem, révélant les failles systémiques du transport aérien canin.

 

Article du 03 février 2026

 

Après un appel à l'aide du maître de Luna, nous publions son témoignage.

 

Le 7 janvier 2026, ce qui devait être un vol de routine entre Bologne et Bruxelles s’est transformé en un véritable cauchemar pour un passager et sa chienne Luna. Malgré un enregistrement en règle, le Beagle de deux ans a littéralement disparu des systèmes informatiques de Brussels Airlines, restant confiné dans une soute non ouverte à l’arrivée. Ce récit, que nous avons recueilli, pointe du doigt des failles de sécurité et de procédure alarmantes.

 

Un voyage sous le signe de l’angoisse : quand l’animal devient un bagage fantôme

 

Pour de nombreux propriétaires, confier son animal aux soutes d’un avion est une épreuve nerveuse. Pour le propriétaire de Luna, ce n'était pourtant pas une première :

 

Luna a toujours voyagé avec moi. Elle a pris son premier avion à neuf mois et, depuis, nous avons fait quatre voyages ensemble ». Mais ce 7 janvier, le protocole habituel vacille dès l’aéroport de Bologne.

 

Alors que le propriétaire suit la procédure, il remarque une étrange légèreté administrative :

Aucun document n’a été rempli au comptoir. Une simple étiquette bagage a été apposée sur la cage.

 

À la porte d’embarquement, l’alerte de confirmation de chargement ne s’affiche pas. Malgré ses doutes, le personnel se veut rassurant. Le passager voit même, de ses propres yeux, la cage de Luna être chargée dans la soute arrière sur ordre du Commandant, afin qu'elle soit isolée des autres bagages pour son confort.

 

Le choc à l’arrivée : Aucun chien n’est enregistré sur ce vol

 

C’est à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem que la situation bascule dans l’irréel. Après une attente interminable au point de retrait des bagages hors format, le verdict tombe, glacial : Luna n’est pas là. Au service des objets trouvés, l’incompréhension est totale.

 

Au service des objets trouvés, après vérification de mon billet et de l’étiquette bagage, il m’a été indiqué que le chien n’apparaissait pas dans le système. Officiellement, aucun chien n’était enregistré à bord de ce vol.

 

Pendant plus d’une heure, le propriétaire, soutenu par la police et le personnel de l’aéroport, fait face à un vide informatique. Luna est physiquement dans l’avion, mais numériquement inexistante. La soute arrière, celle-là même où le propriétaire a vu sa chienne entrer, n’a même pas été ouverte à l’arrivée puisque le système indiquait qu’elle était vide.

 

Luna, chien qui est devant la pyramide du Louvres

 

L’intervention de la police pour ouvrir une soute « oubliée »

 

Il aura fallu l’insistance du propriétaire et l’intervention directe des forces de l’ordre pour que la procédure habituelle soit outrepassée. Sur demande de la police, la soute arrière est enfin ouverte. Luna s’y trouvait, seule, dans le noir et le silence d’un avion à l’arrêt.

 

Heureusement, après deux heures de stress intense, la chienne est rendue à son maître, saine et sauve. Mais le traumatisme, lui, reste entier. Au-delà de l'émotion, ce sont les questions de sécurité globale qui effraient :

 

Dans cette soute se trouvait un Beagle de deux ans. Il aurait pu s’y trouver n’importe quoi d’autre, y compris quelque chose de potentiellement dangereux, sans que personne n’en ait connaissance », déplore le propriétaire dans son signalement.

 

La réponse de Brussels Airlines : « Erreur humaine » et zones d’ombre

 

Contactée par le propriétaire, la compagnie aérienne a reconnu une « erreur humaine », tout en déclinant toute responsabilité procédurale. Plus troublant encore, les réponses apportées sur les conditions de survie de l'animal en soute restent évasives.

 

Face aux demandes de données précises sur la température et l’oxygène, la compagnie répond par des généralités : « Safe and sound » ou « Normal temperatures ». Pourtant, l'aveu technique est de taille :

 

Je ne peux pas vous dire quelle était la température exacte dans la soute, car elle n’est pas enregistrée.

 

Cette contradiction est au cœur du problème : comment garantir la sécurité d'un être vivant sans aucune donnée vérifiable ? La compagnie invoque également un manque d'interconnexion entre ses systèmes et ceux de ses prestataires externes pour justifier l'invisibilité de Luna.

 

Un combat pour la transparence et le respect de la vie animale

 

Pour le propriétaire de Luna, ce témoignage n'est pas une quête de notoriété, mais un appel à un changement profond des mentalités dans l’industrie aérienne.

 

J’écris parce que je souhaite obtenir des réponses claires sur ce qui s’est passé et être certain qu’une telle situation ne puisse plus jamais se reproduire.

 

Chez AnimalWeb, nous estimons que ce cas n'est pas un incident isolé, mais le symptôme d'un système qui considère encore l'animal comme une marchandise interchangeable. Le manque de traçabilité numérique et l'opacité sur les conditions environnementales en soute sont inacceptables en 2026.

 

Le transport aérien des animaux de compagnie nécessite une réforme urgente : une interconnexion totale des systèmes de suivi et une obligation de transparence sur les données de vol pour chaque « passager non-humain.

 

Vous avez vécu une expérience similaire ou vous souhaitez réagir à cette affaire ? Contactez AnimalWeb (info@animalweb.be) pour faire entendre votre voix.

 

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