Quand l’agressivité des chasseurs menace la liberté d'expression

Chasse à courre : Dans une forêt, un cerf est pourchassé par une meute
Chasse à courre : Dans une forêt, un cerf est pourchassé par une meute

Un décryptage de l'insécurité croissante en forêt face à des pratiquants de la chasse de plus en plus hostiles aux témoins citoyens.

 

Article du 14 février 2026

 

La tension entre protecteurs de la nature et monde de la chasse vient de franchir un seuil alarmant. En forêt d’Orléans, des militants de la cause animale ont été violemment pris à partie en marge d’une chasse à courre. Pour AnimalWeb Belgique, cet incident n'est pas isolé : il témoigne d'une dérive agressive de certains chasseurs qui considèrent la forêt comme une zone de non-droit. Entre intimidation et coups portés, le message est clair : ils ne veulent plus de témoins.

 

Un veneur a pris une barque pour aller achever le cerf à coups de dague et ça, les chasseurs n'ont pas voulu que je le filme. Ils m'ont attaqué à ce moment-là.

 

Un cap franchi dans la violence physique

 

Le récent incident en France, largement relayé, montre des images choquantes. Des citoyens venus simplement observer et documenter les pratiques de la chasse à courre ont été encerclés et brutalisés. Ce qui n'était auparavant que des joutes verbales se transforme désormais en agressions physiques caractérisées.

 

Cette escalade n'est pas un hasard. Elle survient au moment où l'opinion publique se détourne massivement de la chasse, perçue comme cruelle et anachronique. Acculés, certains groupes de chasseurs réagissent par la force, tentant d'imposer un black-out total sur leurs activités en milieu naturel.

 

La forêt : Bien commun ou terrain privé ?

 

Le cœur du problème réside dans l'appropriation de l'espace public. Les militants agressés rappellent une vérité fondamentale : la forêt appartient à tous. Pourtant, lors des jours de chasse, une forme de "loi du plus fort" semble s'installer.

 

L'agressivité constatée n'est pas seulement physique ; elle est tactique. En intimidant ceux qui osent porter une caméra ou un regard critique, les chasseurs cherchent à décourager la surveillance citoyenne. C'est ici que le rôle d'initiatives comme AnimalsProtect devient crucial : nous ne pouvons pas laisser la peur dicter le silence.

 

Pourquoi une telle opacité ? Ce que les chasseurs veulent cacher

 

Si l'agressivité des chasseurs envers les militants et les promeneurs augmente, c'est avant tout parce que l'image d'Épinal de la chasse "régulatrice" s'effondre dès qu'une caméra s'approche de la réalité. L'opacité est devenue leur meilleure ligne de défense pour plusieurs raisons :

 

  • La réalité du bien-être animal : Les images de chiens de meute épuisés, de cerfs acculés dans des zones résidentielles ou de curées sanglantes sont insoutenables pour 80% de la population. Documenter ces faits, c'est briser le récit officiel du "respect de l'animal".

  • Les dérives de sécurité : Alcoolémie, tirs non fichants ou non-respect des périmètres de sécurité... Ces manquements sont fréquents mais rarement sanctionnés, sauf lorsqu'ils sont filmés par des citoyens vigilants.

  • Le privilège de l'entre-soi : La chasse, particulièrement à courre, repose sur des codes d'un autre âge. La présence de militants ou de simples citoyens actifs sur le terrain brise ce sentiment d'impunité et de propriété privée sur la forêt publique.

 

En somme, l'agressivité est proportionnelle à leur peur de la transparence. Plus les pratiques sont contestables, plus les méthodes pour écarter les témoins deviennent brutales.

 

Pourquoi cette agressivité doit nous alerter en Belgique

 

Si les faits se sont déroulés en France, le climat en Belgique reste précaire. Les lobbies de la chasse disposent de relais puissants, mais ils font face à une résistance citoyenne de plus en plus organisée.

 

Le risque est de voir ces comportements s'exporter ou se normaliser. La liberté de parole et le droit de circuler sont des piliers de notre société. Quand un militant est frappé pour avoir documenté une pratique légale mais controversée, c'est la démocratie environnementale que l'on attaque.

 

Sortir du lobbying pour agir sur le terrain

 

Chez AnimalsProtect, nous croyons fermement que les grands discours dans les bureaux de lobbying ne suffisent plus. L'agressivité des chasseurs ne sera stoppée que par une présence citoyenne massive et courageuse sur le terrain.

 

Il est impératif de :

 

  1. Documenter systématiquement les abus et les comportements agressifs.

  2. Exiger des sanctions exemplaires pour toute forme d'intimidation en forêt.

  3. Rallier les citoyens actifs qui ne se reconnaissent plus dans les structures trop diplomates.

 

Ne plus baisser les yeux face à la cruauté des chasseurs

 

L'épisode de la forêt d'Orléans est un rappel brutal : la protection animale est un combat de terrain. Face à l'agressivité, notre meilleure arme reste la visibilité et la solidarité. Nous ne nous laisserons pas expulser des forêts par la violence. Il est temps que la loi protège réellement ceux qui défendent le vivant, et non ceux qui l'oppriment.

 

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Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Chasse à courre, Militants, Violence, France