
Une analyse de la classification révoltante de l'AFSCA qui range le gibier sauvage dans la catégorie des « animaux de hobby ».
Article du 05 mars 2026
Dans les couloirs de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA), la vie semble se résumer à des cases cochées et des catégories administratives. Si la mission de l'agence est de garantir la sécurité de nos assiettes, elle opère avec une distance émotionnelle qui frise l'indifférence systémique. Sur son propre portail, l'agence classe le "Gibier sauvage" dans la catégorie "Animaux de rente et de hobby".
Cette sémantique n'est pas anodine : elle révèle une vision du monde où l'animal, même sensible, est traité comme un accessoire de divertissement.
De la volière à la cible : Le déni de la sensibilité
Qu'ils soient élevés en cage ou en volière, des milliers d'oiseaux et de mammifères sont produits chaque année sur notre sol avec un destin unique : être lâchés dans la nature pour servir de cibles vivantes. Pour l'AFSCA, cette pratique relève du "hobby".
Pourtant, la science et le droit reconnaissent aujourd'hui les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité. Les considérer comme des objets que l'on jette dans un milieu inconnu pour être tirés "comme à la foire" est une régression éthique profonde. Derrière cette froideur algorithmique, l'administration valide un système où la souffrance devient un loisir, et où l'être vivant perd son statut d'individu pour devenir un simple matériel récréatif.
Une sécurité alimentaire à géométrie variable
L'incohérence ne s'arrête pas aux mots. Elle se niche dans l'application des règles sanitaires, où l'on constate une gestion aussi froide qu'un corps en morgue :
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Laxisme vs Rigueur : Pourquoi l'AFSCA harcèle-t-elle les petits producteurs artisanaux avec un zèle parfois absurde, tout en laissant une zone grise sur la traçabilité de la viande issue de la chasse de loisir ?
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Santé publique et munitions : La contamination de la venaison par les résidus de plomb est un enjeu majeur. Pourtant, la surveillance semble bien légère comparée aux normes drastiques imposées aux éleveurs professionnels.
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Responsabilité administrative : En qualifiant la faune sauvage de "hobby", l'agence se dédouane-t-elle d'une surveillance plus stricte des conditions de mise à mort et d'éviscération en plein air ?
Pour une reconnaissance réelle de la dignité animale
Il est temps d'exiger que les autorités belges, et l'AFSCA en particulier, révisent leur logiciel. Un animal n'est pas un "hobby". Ce n'est pas un code-barres, ni un objet jetable. Que l'animal soit sauvage ou issu d'élevage, sa sensibilité reste la même et sa protection ne doit pas s'arrêter là où commencent les intérêts des lobbies de la chasse.
Chez AnimalWeb et AnimalsProtect.org, nous refusons cette déshumanisation bureaucratique. Nous militons pour une administration qui intègre l'éthique dans sa gestion sanitaire, et qui cesse de traiter la vie comme une simple variable d'ajustement comptable.
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Scandale : la viande provenant de la chasse est-elle sans danger ?
