
Le PS et le bien-être animal : entre promesses de réformes "en concertation" et maintien d'une chasse de loisirs sous couvert de gestion durable.
Article du 10 mars 2026
Le rapport du Parti Socialiste (PS) et la défense de tous les animaux, y compris ceux qui vivent dans les champs, les bois et forêts, est marqué par un immobilisme chronique. Pour le PS, le bien-être animal reste un sujet secondaire, souvent sacrifié pour ne pas froisser les usagers ruraux, faute de poids électoral suffisant face aux enjeux de gestion territoriale.
Le PS : Un parti de gestion, loin de la sensibilité animale
Le Parti Socialiste (PS) se présente historiquement comme le défenseur des services publics et de la justice sociale. En Wallonie, son ancrage dans les zones rurales et forestières en fait un acteur clé de la gestion du territoire. Cependant, sa vision de la nature est purement utilitariste. Pour les socialistes, la faune sauvage n'est pas composée d'êtres sensibles à protéger, mais de "ressources" ou de "populations" à gérer de manière équilibrée entre les différents acteurs de la forêt.
Cette approche bureaucratique évacue totalement la question de la souffrance individuelle. En restant au pouvoir durant de nombreuses années, le PS a eu toutes les cartes en main pour transformer radicalement le Code wallon du Bien-être animal. Pourtant, force est de constater qu'aucun décret n'a été voté pour mettre fin définitivement à la chasse de loisir ou aux pratiques les plus cruelles.
Engagement du parti envers le bien-être des animaux : Des mots, peu d'actes
Le PS affirme être "profondément contre" le lâcher massif d’oiseaux pour la chasse. C’est un discours séduisant, mais qui sonne creux face au bilan législatif. Le programme du PS propose une "réforme de la loi sur la chasse", mais la nuance est de taille : elle doit se faire "en concertation avec les chasseurs". En d'autres termes, le PS demande l'avis des bourreaux pour décider du sort des victimes.
Leurs propositions, comme le décalage de la période de chasse en battue de novembre à janvier, sont présentées sous un angle de sécurité pour les usagers (promeneurs, cyclistes) plutôt que par souci de la vie animale. L'animal n'est qu'une variable dans un calendrier de loisirs.
Pourquoi le PS ne prend pas en compte le bien-être des animaux « sauvages »
Le PS refuse de sortir la faune sauvage de sa vision "territoriale". Pour eux, un animal sauvage est un élément de biodiversité qu'il faut "rééquilibrer". Leurs objectifs chiffrés de réduction de la densité de la faune (notamment pour les sangliers) montrent une volonté de régulation mécanique.
Reconnaître que l'animal sauvage possède une sentience qui dépasse le simple cadre de la gestion forestière obligerait le PS à interdire des pratiques que leurs électeurs ruraux et les gestionnaires privés défendent. Le parti préfère parler de "gestion durable" plutôt que de "protection", car la gestion permet de continuer à tuer sous couvert de science et d'habitat.
Le lobby des chasseurs et le parti politique
Le lien entre le PS et le monde de la chasse est subtil mais bien réel. En prônant un "dialogue constructif" entre chasseurs, agriculteurs et propriétaires, le PS place le chasseur comme un partenaire indispensable de la vie rurale. On parle d'améliorer la "formation des chasseurs" ou de limiter "l'accaparement des territoires publics par quelques-uns" au profit des "chasseurs locaux".
Le PS ne remet jamais en cause la légitimité de la chasse en elle-même et leurs nombreuses dérives comme l'importation de gibier destiné à la chasse de "loisir". Au contraire, il cherche à la rendre "efficace" et "coordonnée". En n'autorisant les lâchers de petit gibier qu'en cas de "repeuplement", ils laissent une porte ouverte monumentale à la poursuite de ces pratiques sous des prétextes de restauration de populations. Le lobby de la chasse n'a rien à craindre d'un parti qui veut simplement mieux "planifier" les prélèvements.
Sans un soutien massif de la population, les massacres continueront
Le programme du PS est une suite de compromis qui visent à maintenir une paix sociale apparente en forêt. Tant que les citoyens ne s'opposeront pas à cette vision purement comptable de la vie sauvage, le PS continuera de favoriser une chasse "respectueuse".
Leur volonté de renforcer la communication sur les calendriers de chasse via des applications n'est qu'une manière d'organiser la cohabitation avec le massacre, plutôt que de l'arrêter. Seul un soutien massif à une protection législative réelle obligera le PS à cesser de ménager la chèvre et le chou, ou plutôt, le chasseur et le gibier.
Sortons la faune sauvage du ministère de la chasse
Le PS a prouvé par son inaction et son programme de "concertation" qu'il ne protégera jamais les animaux sauvages contre les intérêts des fusils. Il est temps d'exiger que la faune sauvage et les chiens de chasse soient gérés par le ministère du Bien-être animal, et non par ceux qui organisent leur destruction.
Soutenez la pétition du Parlement Wallon pour mettre fin à cette hypocrisie politique.
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Signez la pétition officielle en ligne : Lien vers le Parlement Wallon
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