
Une analyse approfondie du nouveau clip de la FNC, confrontant l'imagerie idyllique aux réalités brutales et sécuritaires dénoncées par les citoyens.
Article du 18 mars 2026
Face à une hostilité citoyenne sans précédent et une multiplication des tensions sur le terrain, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) tente un virage communicationnel majeur. Mais entre une mise en scène édulcorée et des paradoxes éthiques flagrants, ce nouveau clip promotionnel peine à convaincre une société de plus en plus sensible au bien-être animal.
Un clip publicitaire aux allures de mirage
Pour contrer le "désamour" de la population, qui se traduit selon la FNC, par 229 signalements d'agressions et de dégradations de matériel en un an, l'organisation a choisi de jouer la carte de l'émotion bucolique. Le scénario est huilé : une jeune femme s'échappe des bouchons urbains pour rejoindre une bande de chasseurs joviaux au cœur de la forêt, le tout sur un air nostalgique de Michel Delpech.
Pourtant, dès les premières secondes, le vernis craque. On y voit la protagoniste avec son chien de chasse à l'arrière de son véhicule. Si, pour les besoins techniques du tournage, l'animal est sans doute maintenu pour rester calme face caméra, le message visuel diffusé reste désastreux. Aucune grille de séparation, aucune caisse de transport, aucun harnais de sécurité explicite n'apparaît à l'image. Pour une organisation qui prône la responsabilité, cette mise en scène de l'insécurité routière est un comble. Mais le plus interpellant reste l'absence visuelle de l'outil premier de cette activité : le fusil. En cachant l'arme, la FNC semble admettre que l'instrument de mort est désormais impossible à "vendre" à l'opinion publique.
S'il n'était pas question de la mort d'animaux sans défense pour le plaisir de tuer, ce clip prêterait à une franche rigolade.
Le paradoxe du cerf : Admirer pour mieux détruire ?
Le point d'orgue du clip est l'apparition d'un cerf majestueux, symbole de la splendeur sauvage. La caméra s'attarde sur la noblesse de l'animal, invitant le spectateur à la contemplation. C'est ici que réside l'hypocrisie la plus profonde de cette campagne.
L'observation n'est pas la chasse. Admirer la beauté de la nature est une démarche naturaliste qui vise à la préservation et au respect du vivant. La chasse, par définition, est l'acte de mettre fin à cette existence. Il y a une dissonance cognitive majeure à utiliser l'image d'un animal vivant et libre pour promouvoir un loisir dont l'aboutissement est de le transformer en trophée. Si l'on retire le fusil et l'acte de mort, comme le fait ce clip, ce n'est plus de la chasse : c'est de la randonnée. Enlever la finalité létale de l'image est une tentative de manipulation émotionnelle qui ne trompe plus personne : on ne protège pas ce que l'on s'apprête à abattre.
« Le chasseur et la fille aux Pokémon » : Quand l'innocence brise le marketing des fusils cachés
Pour comprendre la profondeur du fossé qui sépare la vidéo de la FNC de la sensibilité du public, je vous invite à (re)visionner mon court-métrage : Le chasseur et la fille aux pokemon. Ce film confronte sans détour les justifications ancestrales du chasseur à la question désarmante de l'enfance : « Pourquoi avez-vous autant de plaisir à tuer les animaux ? ». C'est là que réside la véritable émotion, loin du marketing lissé et factice des fédérations.
Une hostilité nourrie par une insécurité bien réelle
Si la FNC se pose en victime de "chasseurs-cibles", elle évite soigneusement d'analyser les raisons de la colère citoyenne. Le rejet de la chasse n'est pas un effet de mode, mais le résultat de nuisances et d'un rejet systématique de mise à mort d'un animal uniquement par plaisir de tuer :
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La menace pour les usagers : Promeneurs et vététistes vivent dans la crainte d'une balle perdue. Avec des munitions portant à plusieurs kilomètres, le danger dépasse largement le périmètre des battues.
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La privatisation de l'espace public : La confiscation de la forêt par une minorité armée, agissant souvent avec un sentiment d'impunité, est devenue insupportable.
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Le non-respect de la propriété privée : Les témoignages de violations de propriétés pour achever un animal réfugié dans un jardin alimentent un sentiment d'injustice profond.
Derrière le marketing : Les vérités cachées
La "chasse moderne" reste ancrée dans des pratiques archaïques. L'argument de la "régulation" s'effondre face à la réalité de l'agrainage, des élevages de gibier et des importations d'animaux destinés à être lâchés puis exécutés. Sans oublier l'impact écologique massif : des tonnes de plomb sont encore déversées chaque année, contaminant durablement nos sols et nos nappes phréatiques.
Le slogan "Qui va à la chasse trouve sa place" sonne particulièrement faux. Dans une société qui refuse la souffrance animale pour le plaisir, cette campagne apparaît comme un "baroud d'honneur" déconnecté.
Brisez l'omerta : Devenez un défenseur des animaux des bois et forêts
Face à cette tentative de "greenwashing" de la part de la FNC, le silence des rédactions traditionnelles est assourdissant. Nous avons exposé les faits, mis en lumière l'hypocrisie de ce clip et le mépris des enjeux de sécurité. Désormais, le rôle de contre-pouvoir vous appartient.
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