
Les chasseurs sont capables d'infliger l'agonie tout en étant incapables de supporter leur propre douleur.
Article du 03 mai 2026
Il y a une ironie tragique dans le monde de la chasse : celle d'un homme armé qui inflige des souffrances atroces aux animaux, mais qui perd tout courage dès que son propre corps est atteint. Bienvenue dans l'ère de la douleur à géométrie variable.
L'hypocondrie du bourreau : quand l'égratignure devient une urgence
Le spectacle est fréquent : un chasseur, fier de sa puissance de feu, se retrouve terrassé par une simple rage de dents ou une entorse bénigne. Pour lui, la machine médicale doit s'ébranler immédiatement. C’est la course vers les urgences, l’exigence de soins rapides, la plainte sonore pour une douleur qui, au fond, n'est que le rappel de sa propre condition humaine.
Pourtant, ce même individu, quelques heures plus tôt, se trouvait peut-être en forêt, orchestrant une mise à mort. Là, la douleur n'est plus un problème médical, c’est un trophée. On tire, on blesse, on laisse parfois l'animal s'enfuir avec une balle dans le ventre, le condamnant à une agonie de plusieurs jours. Pourquoi le "mal de dents" du chasseur est-il une priorité absolue, tandis que l’éventration d’un cerf est un dommage naturel ?
Le contraste de l'agonie : une empathie sélective et narcissique
Ce que nous dénonçons ici, c'est une forme de narcissisme sensoriel. Le chasseur possède une tolérance zéro pour sa propre douleur. Il ne supporte pas d'avoir mal. Il se perçoit comme un être fragile, précieux, dont chaque cellule doit être préservée du moindre inconfort.
À l'inverse, l'animal traqué est perçu comme une "chose" résiliente, ou pire, comme un objet sans système nerveux. Pourtant, la biologie ne ment pas. L’animal blessé par une munition de chasse subit :
- Le choc neurogénique : Un effondrement du système nerveux suite à l'impact, provoquant une détresse physiologique totale.
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L'agonie par hémorragie : Une lente perte de conscience où chaque mouvement pour fuir est une torture.
- La terreur pure : Une montée d'adrénaline et de cortisol qui sature le cerveau de l'animal, sans aucune possibilité d'apaisement.
Le contraste est saisissant : le chasseur gémit pour une piqûre de guêpe, mais reste de marbre devant le râle d'un animal qui se vide de son sang sous ses yeux. C'est ici que la notion de "géométrie variable" prend tout son sens éthique.
L’animal n’a pas d’anesthésie : la réalité de la forêt
La pratique de la chasse est souvent présentée comme une "gestion de la faune". Mais derrière les mots se cache une réalité de chair et de sang. Contrairement au chasseur qui, à la moindre alerte de santé, bénéficie des traitements médicaux modernes et du confort hospitalier, l’animal n'a que la boue et le froid pour panser ses plaies.
Il est fascinant d'observer cette déconnexion : comment peut-on être aussi conscient de sa propre vulnérabilité physique et aussi aveugle à celle d'autrui ? Comment peut-on réclamer de la morphine pour une fracture alors que l'on brise les os d'un animal sans l'ombre d'un remords ?
Un système de santé pour les uns, la barbarie pour les autres
Cette attitude révèle une profonde incohérence dans notre rapport au vivant. Si le chasseur court aux urgences, c'est parce qu'il sait que la douleur est insupportable. Il en a peur. Il la fuit. En infligeant la mort dans des souffrances indescriptibles, il fait preuve d'une hypocrisie fondamentale : il impose à un autre être vivant ce que lui-même refuse de subir, même au degré le plus minime.
Pour une éthique de la réciprocité
Sur AnimalWeb Belgique, nous pensons que la sensibilité n'est pas un privilège de l'espèce humaine. Si vous refusez de souffrir, si vous considérez que votre douleur mérite une attention médicale immédiate, alors vous devez reconnaître que celle de l'animal est tout aussi légitime.
La chasse, vue sous cet angle, n'est pas seulement un débat sur la biodiversité, c'est le reflet d'une humanité qui a perdu le sens de la réciprocité. Il est temps de cesser de considérer la souffrance comme une donnée relative. Une plaie ouverte brûle de la même manière, qu'elle soit sous une veste de camouflage ou sous le pelage d'un chevreuil.
Il est temps de mettre fin à cette douleur à géométrie variable.
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