Six sangliers abattus par des chasseurs à Charleroi

Sangliers en ville
Sangliers en ville

Un article dénonçant l’abattage systématique de six sangliers à Dampremy comme solution de facilité.

 

Article du 14 février 2026

 

Le jeudi 12 février 2026, la ville de Charleroi située dans la province de Hainaut a été le théâtre d’une intervention radicale. Six sangliers, égarés à proximité d’une école à Dampremy, ont été abattus par des chasseurs sous l’œil des riverains. Entre sécurité publique et éthique animale, ce nouvel incident soulève une question brûlante : pourquoi la mise à mort reste-t-elle l’unique réponse des autorités wallonnes face à la faune sauvage en milieu urbain ?

 

Un scénario qui se répète : l'abattage comme seule gestion de crise

 

L’émotion est vive à Dampremy. Alors que la présence de six sangliers sur un parking près d’un établissement scolaire aurait pu donner lieu à une opération de déplacement ou de sédation, c’est la solution létale qui a été privilégiée. Des chasseurs, appelés en renfort des services de secours, ont mis fin à la vie des animaux sur place.

 

Ce drame n'est malheureusement pas une première en Wallonie. On se souvient avec amertume de ce cerf qui errait dans les rues de Mons en 2024, lui aussi abattu par un chasseur alors qu’il ne présentait aucune agressivité immédiate. À chaque fois, l'argument de la "sécurité publique" est brandi pour justifier l'expédition punitive, occultant toute alternative de sauvetage.

 

Pourquoi les sangliers envahissent-ils nos zones urbaines ?

 

La question que tout le monde se pose est légitime : pourquoi y a-t-il tant de sangliers dans nos villages et nos villes ? Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène complexe :

 

  1. La réduction de l'habitat naturel : L'urbanisation croissante fragmente les forêts, poussant les animaux à chercher de la nourriture là où l'humain réside.

  2. Le nourrissage artificiel : Paradoxalement, certaines pratiques de nourrissage en forêt pour maintenir des populations élevées à des fins cynégétiques (chasse) peuvent désorienter les hardes.

  3. Les cochongliers au secours des chasseurs : Le croisement de sangliers avec des cochons d'élevage ont eu pour but d'augmenter les portées.
  4. Le réchauffement climatique : Des hivers plus doux augmentent le taux de survie des marcassins, menant à une surpopulation apparente que l'on tente ensuite de réguler par le fusil.

 

L'éthique animale sacrifiée sur l'autel de la facilité

 

L'abattage de Dampremy démontre une nouvelle fois que, pour les autorités et le Département de la Nature et des Forêts (DNF), il est plus simple et moins coûteux de presser la détente que de mobiliser des vétérinaires équipés de fusils hypodermiques. Pourtant, dans une société qui se veut évoluée et respectueuse du vivant, la mise à mort ne devrait être que l'ultime recours, et non la procédure standard.

 

Interrogé, le représentant de la DNF a déclaré laconiquement et sans aucune empathie pour les 6 sangliers exécutés :

 

On peut comprendre que ce soit difficile à entendre quand on habite en ville, mais nos forêts débordent à cause de la surpopulation de cette espèce.

 

Le recours systématique aux chasseurs pose également un problème éthique majeur. Peut-on confier la gestion de la sécurité publique à des acteurs dont la vocation première est de massacrer des animaux sans défense ? Le manque de structures de secours d'urgence pour la faune sauvage en Belgique est criant.

 

Vers une protection active : le rôle des citoyens

 

Face à ces méthodes archaïques, la mobilisation citoyenne devient indispensable. Il ne s'agit plus seulement de "gérer" une population animale, mais de cohabiter intelligemment. Des solutions existent : pose de clôtures adaptées, corridors biologiques pour éviter l'errance urbaine, et surtout, la création de brigades de sauvetage capables d'endormir et de relocaliser les animaux sans effusion de sang.

 

L'incident de Charleroi doit servir de déclic. Tant que la loi et les budgets privilégieront les cartouches aux tranquillisants, nos rues continueront d'être le théâtre de scènes indignes. Le combat pour la liberté d'expression et l'action sur le terrain, porté par des structures comme AnimalWeb, est plus que jamais nécessaire pour exiger que la vie animale ne soit plus une variable d'ajustement.

 

Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :

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