Scandale des mouflons à Chimay : L'abattage suspendu, l’heure des solutions a sonné !

Mouflon
Mouflon

Le sort des mouflons de Chimay est suspendu : entre l'abattage voulu par le DNF et l'espoir d'un retour en Corse, la Wallonie doit choisir l'éthique.

 

Article du 15 février 2026

 

Rebondissement de taille dans l’affaire des mouflons illégalement importés en forêt de Chimay : l’ordre d’exécution immédiate semble suspendu. Alors que le DNF (Département de la Nature et des Forêts) ne jurait que par l’élimination, la pression médiatique et associative offre un sursis inespéré à ces animaux. Mais ce répit sera-t-il définitif ou n'est-ce qu'une stratégie pour étouffer le scandale ?

 

Le département de la Nature et des Forêts semble, à travers ses prises de position brutales et fermes, n'avoir aucune empathie pour les animaux en détresse.

 

Un sursis fragile : Le DNF face à ses responsabilités

 

En Wallonie, la doctrine administrative est souvent brutale : si l'espèce est importée, qu'elle dérange, elle doit disparaître immédiatement et de façon brutale. Le souvenir du cerf abattu à Mons en 2024 ou des sangliers de février 2026 montre que la gâchette est facile. Pourtant, pour les mouflons de Chimay, le titre de L’Ardennais du 14 février confirme que le sort de ces animaux "censés être tués" est en train de basculer.

 

Cette suspension de décision est une opportunité historique. Le responsable, de l'importation illégale de mouflons destinés à la chasse, a été condamné à une amende de 100 000 euros (dont 50 000 € avec sursis). Plutôt que de voir cette somme se perdre dans les méandres du budget wallon, elle doit servir à réparer le crime commis contre ces animaux.

 

Conflit d’intérêts : Le DNF peut-il être juge et partie sous la tutelle de la Chasse ?

 

Une question fondamentale se pose aujourd’hui aux citoyens wallons : est-il raisonnable de confier le sort de la faune sauvage à une administration, le DNF, dont les attributions dépendent directement du même ministère que celui de la Forêt et de la Chasse ? Ce mélange des genres crée un doute légitime sur l’impartialité des décisions de gestion.

 

Au vu des dernieres exécutions, il semble que les agents de la DNF ont dans leur répertoire téléphonique plus de contacts de chasseurs que de vétérinaires.

 

Le DNF (Département de la Nature et des Forêts), bras armé de la politique environnementale, se retrouve dans une position schizophrène. D’un côté, il doit protéger la biodiversité ; de l’autre, il répond à une ligne politique souvent alignée sur les intérêts cynégétiques. Dans l’affaire de Chimay, cette proximité interroge :

 

  • Un département pro-chasse ? Quand l'administration privilégie l'abattage systématique (le "nettoyage" des espèces importées) plutôt que le sauvetage, elle agit comme un gestionnaire de cheptel et non comme un protecteur du vivant.

  • L'absence de contre-pouvoir : En restant sous la même tutelle ministérielle, les décisions du DNF échappent à une analyse purement axée sur le bien-être animal. On élimine pour simplifier la gestion des territoires de chasse, sans jamais envisager de solutions alternatives non létales.

 

Peut-on réellement confier la vie des mouflons de Chimay à une structure qui, par sa hiérarchie, est historiquement liée aux lobbies de la chasse ? Pour Animals Protect, la réponse est claire : la gestion de la faune sauvage doit être supervisée par un organe indépendant, dissocié de la gestion forestière et cynégétique, pour garantir que l’éthique l'emporte enfin sur les balles.

 

Une amende de 50 000 € : Le prix du sang ou le budget d'un sauvetage ?

 

Pour rappel, le responsable de ce trafic a été condamné à une amende de 100 000 euros, dont la moitié (50 000 €) est assortie d'un sursis de trois ans. Si l'on s'en tient à la partie ferme, ce sont 50 000 euros qui vont rejoindre les caisses de la Région wallonne. Pourtant, plutôt que de servir à combler le déficit budgétaire au prix de l'abattage des animaux, cette somme est largement suffisante pour financer une alternative éthique.

 

Plusieurs solutions de terrain, soutenues par des initiatives comme AnimalWeb, pourraient être activées immédiatement :

 

  • Le rapatriement en Corse : C’est la solution la plus juste. Le coût d’un transport animalier spécialisé (en camion ventilé et ferry) pour une vingtaine d'individus vers l'Île de Beauté est estimé entre 15 000 € et 25 000 €. L'amende couvre donc deux fois le voyage retour vers leur milieu naturel.

  • La création d'un sanctuaire sécurisé : Si les Ardennes offrent l'espace nécessaire, la mise en place d'un enclos de 10 hectares avec surveillance coûte environ 10 000 € à 15 000 € pour l'installation initiale. Cependant, cette option exige une vigilance absolue pour éviter que le site ne devienne une "plaine de jeux" pour braconniers.

 

En refusant ces options, le DNF et le gouvernement wallon font un choix purement financier : encaisser l'amende tout en économisant les frais de gestion par une mise à mort "gratuite". Une décision qui ne passe plus auprès d'une population de plus en plus attentive au bien-être animal.

 

Plus d'informations sur AnimalWeb Belgique :

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Thèmes :Actualités, Bien-être animal, Mouflons, Chimay, Wallonie, Belgique